‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 635 sur 1244 · SCÈNE H · texte numérisé non relu

SCÈNE H

PTRANTE, LISIMON, FRONTIN.

FHOSTIH, à.Pïnnte.

Je vous cherche, monsieuc, avec impatience.

PYHAJiTE.

Eh bien! que fait mon fils ?

PBQNTIN. M

Il réfléchit, il pense, Il me chasse , il m'appelle, il est assis, debout, Il court , puis il s'arrête; il balance, il résout; Il est jOyeux, rêveur, plaisant, mélancolique; Il approuve,. il condamue, il.se tait, il s'explique; Il sort de la maison, il y rentre aussitôt;

Il veut, îl ne veut plus , ne sait ce qu'il lui faut ; Et voilà, pour tous faire un récit bien sincère , De monsieur votre fils le manège ordinaire.

FYBAHTE.

Il n'est pas question de ce beau récit-là ; Et , depuis très-long- temps, je connois tout cela. Tu sais que, me trouvant sur le déclin de l'âge, Je voudrais voir mon fils songer au mariage.

FBOHTIR.

De vos ordres secrets je me suis acquitté

Avec beaucoup de zèle et de dextérité.

Hier au soir j'employai mes soins et mon adresse,

Pour lui persuader de prendre une maltresse

Qui portât ses désirs au lien conjugal ;

3e le préchai long-temps , et ne prêchai pas mal :

Je suois sang et eau.

PYBARTB.

Quelle fut sa réponse?

FBONTIIT.

Ah ! belle tout-a-fait", et digne qu'on l'annonce !

PTBURB.

Eh bien ! il répondit ?

FBOMTtlf.

Il ne répondit rien.

Hais, monsieur, mon d i scour s l'endormit assez bien .

LI8IKOK.

Il se. Hioqua de vous. *

FBorraw. .

Non , je me donne au diable.

PYBANTS.

Je crois que ce qu'il dit est assez véritable. Ainsi donc tes discours ont été sans effet?

Pardonnez-moi, vraiment. J'en suis très-satisfait. En voici les raisons en fort peu de paroles. Ce matîn..

Il vous va conter des fariboles.

Eh , mais I si Monsieur veut contrarier toujours , Je ne finirai pas mon récit en deux jours.

PYBàHTS.

Eh I laissez-le parler.

FBOKTIH, .

Ce matin donc mon maître.

Au moment que le jour commençoit à paraître , S'est levé tout joyeux. Cher Frontin, nVd-t-il dit . Tes discours ont long-temps occupé mon esprit. Tout bien, considéré, je me trouve d'un Age A devoir en effet songer su mariage.

Je ue balance plus, le dessein en est pris.

PYBAHTE.

Plus agréablement pouvois-je être surpris ? Tiens, voilà deux louis pour ta bonne nouvelle.

FBQNTIN.

Très-obligé. Je sors. Mon maître me rappelle. Je l'habille , il se tait. Quand il est habillé. Je révois , me dit-il , tantôt tout éveillé. Qui ? moi , me marier I Ah! je n'ai point envie D'aller risquer ainsi le repos de ma vie.

LIBTHQK. ■ '

ous l'avois bien dit, qu'il se moquoit de vous.

FTBABTB.

Allons, coquin, rends-moi mes deux louis. nOTOTK.

Toutdon.

Ceci ne finit pas comme on pourrait le croire. Écoutez , s'il vous platt, ia Un de mon histoire. Il sort. A son retour, il parolt tout changé , Il brûle de se voir par l'hymen engagé. D'un semblable projet je ne faisais que rire : Hais comme il m'a permis de venir vous le dire, Et de vous assurer qu'il ne changera point, Je crois qu'il ne peut plus reculer sur ce point.

PYBANTE.

C'est bien dit . Il me craint, il m'aime, il me respecte : Sa résolution ne peut m'étre suspecte.

Mais, dis-moi.

PBONTIEI.

Quoi, monsieur?

PYJUNTK.

Je serais eurieui De savoir s'il n'a point eoeor jeté les yeux Sur quelque objet...

FBONT1K.

Eb 1 oui. C'est ce qui fait sa peins.

PVBANTK.

Comment? B-t-on pour lui du mépris, delà baine1

FBOHTIH.

Non , ce n'est point cela. La peine où je le vois, C'est qu'il aime , monsieur, deux belles à la fois. L'un de ces deux objets est une jeune blonde, Qui jaarolt à ses yeux la plus belle du monde ; Et l'autre est une brune aux yeux vifs et perçants , Dont les charmes sur lui ne sont pas moi ns puissants. Le sérieux de l'une , et sa langueur touchante , Lui disent qu'elle est tendre, et fidèle et constante; Hais l'enjsument de l'antre , et sa vivacité , Ont un attrait piquant dont il est enchanté. Enfin, passant toujours de la blonde à la brune, Il les veut toutes deux, et n'en choisit aucune; Et quant à moi , je crois que , pour le rendre heareui, Il les lui faudrait faire épouser toutes deux.

PYHANTE.

Finis ce badinage, et tire -moi de peine. Qui sont ces deux objets ?

FBORTI1V.

Julie et Céjimene.

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