‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 644 sur 1244 · SCENE, IV. ' JULIE , KÉR1NE · texte numérisé non relu

SCENE, IV. ' JULIE , KÉR1NE

IBLH attire en chaulant A en damant.

Je ne sais pas pourquoi mille gens , chaque jour , Sur un ton langoureux se plaignent de l'amour ,

Et cojflmenron soutient qu'une vive tendresse' Fait soupirer, gémir, et languir de tristesse : Pour moi , Kérine, j'aime, et j'aime de bon coeur : Cela n'a pourtant rien changé dans mon humeur.

FÉKINE.

Vous aimez? Cet aveu me paroît fort sincère. Oh! je ne suis pas Bile à t'en faire mystère. J'en sais qui ne sont pas aussi franches que vous. '

JULIE

Moi , j'aime et je le- dis , l'amour en est plus doux. D'amantes et d'amants chaque pays abonde ; Pourquoi rougir d'un feu qui brûle tout le monde ?

BÉBINE.

L'amour est en effet un puissant potentat. Le guerrier pétulant , le grave magistrat, Le doucereux abbé , le procureur avide , L'avocat babillard, et l'usurier perfide , . Le vautour son confrère, et tous les.animaux , Jeunes, vieux, doux, cruels, sur terre, dans Tes eaux, Tout est , bon gré , mal gré , soumis à son empire ; Ainsi l'on peut aimer sans craindre de le dire.

JOLIE

Les exemples, du moins', ne me manqueront pas.

NEBIHB.

Celui que vous aimez adore vos" appas, Sans doute?

A dire vrai , je n'en sais rien encore.

NBBIHE.

Comment I vous l'ignorez?

JULIE, eniautanL

Vraiment oui, je l'ignore.

HBIINE.

Hais je ne vois pas là de quoi rire et sauter.

JULIE

J'aime pour mon plaisir , et non pour m'attrister.

. HBHIHB.

Vous m'avourez, du moins, que cette incertitude Doit mettre en votre esprit un peu d'inquiétude.

JULIE

Point. Si celui que j'aime a de l'amour pour moi , Je veux, pour l'en payer, l'aimer de bonne foi. S'il prétend m'bonorer de son indifférence, Bien loin de me piquer d'une sotte constance,

Avant qu'il soit huit jours , je m'en consolerai , Et par quelque autre amour je me détacherai. De l'humeur dont je suis, vois-tu, rien ue m'afflige.

NBBlïfE.

J'aime assez cette humeur.

• - ■ JULIE

Pointde chagrin, te diïjt.

Il faut prendre l'amour comme un amusement.

NKHIHE.

Ne me direz-vous point quel est l'heureux amant...

JULIE

C'est Dorante.

IfBBlnB.

JOLIE

Oui , Dorante , toi-même.

Ne te paroît-il pas mériter que je l'aime ?

intBiro.

Je le trouve, au contraire, un cavalier parfait, Et j'approuve le choix que votre cour a fait.

JULIE

Ah ! je voudrais qu'il sut à quel point je l'estime.

IfÊBINB.

Ne souhaitez- vous rien de plus? •

JULlK.

Seroit-ce un crime De souhaiter aussi qu'il m'aimât tendrement?

KÉRIMB.

Non. Ne désirez -vous que cela seulement?

JULIE- " Hais je voudrais aussi, pour me prouver sa ûanimt. Qu'il pût me demander et m'obtenir pour femme.

NBBINB.

Ensuite.

JULIE

Ensuite , ensuite! OhJ demeurons-en là : Mes vœux , jusqu'à présent , ne passent point odi.

RBBINE.

Dorante, à ce qu'on dit, vous croit un peu volage, Et craint votre inconstance après le mariage.

Non. Dussent me railler les femmes d'aujourd'hui. Tous mes vœux,- tous mes soins ne seront que pour Hais à condition , pour prix de ma tendresse , [ lui. Que je lui tiendrai lieu de femme et de maîtresse. S'il s'en tient a l'estime et porte ailleurs |'aroour. ■

résine.

Vous n'êtes point ingrate ; à beau jeu , beau retour-

Eh! mais...

niBiRB.

Si vous .voulez suivre cette méthode, Je garantis bientôt le futur à la mode ; Car i| est statué par les lois d'aujourd'hui Qu'un mari do bel air n'aime jamais chez lui-

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