M" ARGANTE , NÉRINE
M™ AAGARTB.
Quelqu'un est-il venu céans?
NBBINB.
Oui , madame ; j'ai vu le bonhomme Pyrante , Qui venoit Vous parler d'ube affaire importante.
M" AfiCANTE , vlvoneDl.
Et, dis-moi, ma mignonne, étoit-il avec lui ?
KBBINB.
Qui donc?
M*™ JLBGAWTB.
Dorante.
KeUNB.
«on.
■■* AHGÀST8.
Se peut-il qu'aujourd'hui Il ne soit pas venu pour me rendre visite ?
KBBIRB.
Non, je ne l'ai point vu.. Vous êtes interdite!
Mais de sa part, au moins, on est venu savoir Comiaent je me portois , et s'il pouvoit me voir ?
Encor moins,'
MM ABfiÀNTH.
Comment donc?
jïAbîm. Oui , j'en suis bien certaine,
«."••ABGÂIfTB.
Dis-moi, n*a-t-il point vu Julie, ou Célimène.
hbbihi.
Tout aussi peu.
Il1** AB6AHTB.
Tant-mieux. Je respire.
' HBMlffi;
Comment?
M» AB.SANTB.
me sens pas d'aise et de ravissement.
HBHINE.
Et-d'où vous vient , madame , un tel excès de joie ?
. M"» ÀHGÀNTE.
Tu le sauras. Dorante... Il faut que je le voie. J'achèverai bientôt ce que j'ai commencé.
hbhinb. " , Quoi donc?
H™ ABG*T(TK.
Par un regard qu'hier il m'a lancé, J'ai vu qu'il me trouvoit encore assez aimable..-.
HBBIKE..
Fi donc! Voua vous moquez.
n"* uoiim.
Rien n'est plus véritable. J'ai de l'expérience.
hAbihe. -
Ob 1 je n'en doute point.
m™ «e-Airra.
Et je ne prends jamais le, change sur ce point Çà, Serine, après tout, est-ce que je me patte? N'ai-je pas des attraits?
Hais d'ancienne date.
M™ ABGAHTB.
Nérine I
N1HTHE.
Quant a moi , je ne sais point flatter. Et je ne suis point fille à vouloir vous gâter. [ tête Chaque chose a son temps. Il faut vous mettre en Que jamais, à votre âge, on n'a fait de conquête; Que cette gloire est due à des charmes naissants , Et non à dés appas si loto de leur printemps. En vain vous disputez contré le baptistnire , Par vos ajustements , par le désir de plaire , Par le mélange adroit des" plus vives couleurs , Par un ris attrayant, par de tendres langueurs, Et par tout ce qui peut , avec le plus d'adresse ,' Conserver la fraîcheur de l'ai ma h le jeunesse. L'Age est un ennemi qui nous trahit toujours. Jamais nous ne plaisons, qu'au printemps de nos C'est alors que sied l'art delà minauderie, [jours; Sur l'arri ère-saison , l'art de la pruderie • Convient; et si le. cœur se laisse encor blesser, On peut aimer sous cap , mais il faut financer.
. M™ AHGÂ1TTE.
Moi , financer, Serine.
■' NBBINB.
Oui. La seule ressource A, votre âge , est d'avoir des. appas dans sa bourse.
»■"• ABGAWTB.
Soit, je financerai, mais légitimement;
Je ne veux me lier que par le sacrement. . .
Mars vous seriez sa mère.
X*? ABGANTB.
Vous êtes une sotte.
Eh ! là , point de colère !
On ne nom entend point.
M1?* ABGANTB.
Utérine, je prétends Être comme j'étois à l'âge de vingt ans.
SÉBINE.
Voilà , je vous l'avoue , une verte vieillesse.
Pour moi , je prétends être encor dans ma jeunesse.
NE RI NE
Oui , par les actions et par les sentiments ;
Mais cela suffit-il pour captiver les gens?
On sait que vous avez deux filles très-nubiles. .
-■ h"*» aboante.
Ah! c'est mon désespoir, et...
NKBINK.
Plaintes inutiles!
Il tant lès marier.
»■* AAGAKTB.
Sans ces friponnes-ià , .
Je n'aurais pas trente ans.
VÉBINB.
Oh ! je crois bien cela ; Mais, malheureusement, on vous en croit cinquante. Combien tous donnez-vous ?
M™ ABGANTB.
. Je suis sur les quarante.
NBBINB. .
Oui , mais depuis long-temps.
M™ ABGANTB.
Brisons sur ce sujet , Nériue ; je te veux confier un. secret. Feu monsieur mon mari.,, devant Dieu soit son Mais c'étoi t un grand sot [âme!
NUIRE , filwnt ta revSrance.
Je le sais bien, madame.
X« AKGÀNTB.
Or donc , feu mon mari voulut 'bien ni 'épouser Pour ma seule beauté. Sans vouloir me priser, J'étois, comme je suis, fraîche, vive, éclatante. Ilavoit bien en fonds dix mille écus de rente; Mais je connus depuis qu'il avoit de surplus, En billets au porteur, plus de cent mille écus. Cinq ans avant sa mort , il m'en fit confidence ; Et je sus nie contraindre à tant de complaisance,
Que le pauvre benêt crut que je l'aimois fort , 1 Et qu'il me confia ses billets. Il est mort, j Grâce au Ciel , et je puis en fort belles espèces ' Récompenser les feux...
NÊHINE.
Voilà de bouses pièces.
J Aux dépens du défunt vous aurez des appas ' Qu'on jeune homme , à coup sur, ne méprisera pat.
«™ AKGANTB.
I Voilà ce qu'à Dorante il faudrait faire entendre.
NBBINB,
| A Dorante?
Um AKGANTB.
Au plus tôt.
KÉBINE.
Je commence à comprendre.
H™ AHGANTB.
Veux-tu lui parler?
NÉK1NB.
Oui.
J'ai toujours bien compte | Que tu m'aimois, Nérine, avec vivacité; Fars done agir pour moi ton zèle et ton.adresse, ; Et dis-lui que, s'il veut répondre à ma tendresse, ! Mes billets sont à lui.
NEHINE.
Fort bien : cela suffit
HWAKOANTE, CD l'en IlUBt.
I Ce petit fripon- là me fait tourner l'esprit.