‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 672 sur 1244 · M»* ARGANTE, JULIE, NËRINE, DORANTE, LE CHEVALIER · texte numérisé non relu

M»* ARGANTE, JULIE, NËRINE, DORANTE, LE CHEVALIER

LE CHEVALIER, k madame ArgMte.

Vous venez très à propos, madame;

M°>« ABGANTB, tt Donnte. '

Vous savez ce que j'ai décidé.

Ma conduite- répond à votre procédé.

Plus de prétention sur Julie; ellB est vaine: Je viens d'en disposer. Épousez Célimène, . J'y consens : mais, pour vous, c'est tout ce que je

DOEAME. (puis.

J'estime Célimène , et, . (bible que je suis., .Voulant forcer mon cœur à lui rendre justice,' Je n'en puis obtenir mi pareil sacrifice; H revient à Julie, il l'adore. Je sens , [sauts.

Contre un penchant si doux, mes efforts impuis- L'adorable Julie à sur moi trop d'empire ; Je le dis devant elle , et j'ose vous le dire , Dut uu si tendre amour redoubler sa fierté Et blesser votre esprit déjà trop irrité. Je vois mon ridicule i en me blâmant moi-même, De retourner si tflt au seul objet que j'aime , Apres avoir osé , par un coupable éclat , Tenter contre l'amour un indigne attentat. - Je vous ai fait outrage; excusez la foiblesse Qui me tait, malgré moi , délibérer* sans cesse, Et qui, m'offrant toujours un nouveau sentiment, Dès mes plus jeunes ans fut mon cruel tourment. J'en triomphe à la fin : je la hais , la déteste. Si vous me pardonnez, je promets, je proteste. Je jure que jamais je ne balancerai; Que par mon seul penchant je me gouvernerai; Qu'un premier mouvement sera ma loi suprême, Et que je m'y tiendrai contre la raison même. Comptez donc pour toujours que Julie a mon cœur; Qu'il borne tous ses vœux à s'en voir possesseur : Je vous la redemande avec toute l'instance Qui peut de mon amour prouver la violence. Si je ne puis fléchir votre injuste courroux , Il faut qu'en cet instant j'expire à vos genoux.

!!■■ AB.OAfl.iE, le releruH.

Le petit scélérat !

DOBANTE.

Si l'on commet un crime En né sentant pour vous qu'une parfaite estime, J'avoue , en rougissant , que je suis criminel.

DÉBUTE

L'aveu n'est pas flatteur, mais il 'est naturel.

Km ABGADTE. . ■

Tenez , quoiqu'il m'ait dit, une sottise en race. Il joint à ses discours tant de feu , tant de grâce , Que le dépit ne peut contre lui m'anrmer .

(an

A la fin vous serez obligé de m'oint Ne le sentez-vous pas?

DORANT*

Cela m'est

Si , suivant ma raison, je devenais sensible, J'ose vous assurer que vous seriez mon choix; Mais cet objet charmant me retient sons ses lois.

M«w ARGANTE, à Jolie.

Coquine!

DORAHTE, lui bifunt la main.

II faut qu'enfin vous m'accordiez Julie, Ouïe moindre délai peut me coûter la vie. Laissez -vous attendrir.

■"« ARGANTE, poussant nu long Kiopir,

Ah , barbare ! pourquoi Tout ce. que tu dis là n'est-il pas dit pour moi ?

N'allez pas m'imputer..i.

H» ARGANTE

Taisez-vous , insolente !

Gardez-vous pour jamais de pensera Dorante.

JOLIS

Eh ! que ferai-je donc ? -

H» AltGANTE.

Songez au Chevalier.

LE CHEVALIER, »! Jolie.

Non. Je vous le défends.

Que vous êtes grossier! [d'elle?

Et pourquoi, s'il vous plaît, "ne voulez-vous plus

LE CHEVALIER

C'est que j'en veux à vous ; je vous trouve plus belle.

Monsieur U) Chevalier, dans sa vivacité ,

A quelquefois des traits dont on est enchante.

LE CHEVALIER

On me l'a toujours dit.

M» ARGANTE

Maissoyez loplus sage, Je prétends vous donner Julie en mariage. - Nous allons terminer cette affaire aujourd'hui , Et vous me vengerez de ma 011e et de lui.

Si j'osois dite un mot....

M"" ARGANTE

Vous avez l'impudence 1..;.

DORANTE. 1 madame Arginte.

Je vois que votre cœur se livre à la vengeance. Et que tous mes efforts ne peuvent vous fléchir: Mais de vos dures lois le mien va s'affranchir. Je ne dis plus qu'un mot, songez-y bien, madame. Vous espérez en vain triompher de ma flamme : Elle est à toute épreuve, et votre autorité Ne peut rien sur mon goût, ni sur ma volonté ; Je voua laisse un moment. Croyez, je vous supplie,

Que mes vœux pour jamais sont fixés à Julie , Il faut me l'accorder, ou rompre absolument.

LE CHEVALIER

Pour un irrésolu , c'est parler nettement. Allons, belle maman, concluez; il me semble Qu'il vous parle raison.

Que l'on nous laisse ensemble.

Il faut que vous et moi nous discutions ceci.

LE CHEVALIER

C'est fort bien avisé. Sortez.

Page 1