M»' ARGANTE , LE CHEVALIER
LE CHEVALIER
Parlons, et terminons. Car je puis, à bon titre. Entre Dorante et vous , me porter pour arbitre. Voyez-vous cette, tête? elle abonde en raison. Et je vais vous fournir des conseils à foison.
M»* ARGANTE
Cette tête est bien jeune.
Et n'en est que plus forte.
Je suis un vrai Ca ton, ou le diable m'emporte. Demandez-moi conseil , et vous l'éprouverez.
H» ARGANTE. '
Approuvez mes desseins, et vous m'en convaincrez.
LE CHEVAL 1ER
Vos desseins sont très-bons, mais très -impraticables. Voulez-vous gouverner des cœurs ingouvernables?
J|nt ARGANTE.
Mes filles sont à moi.
LE CHEVALIER
Sans contestation ; Mais non jusqu'à régler leur inclination. Comment voudriez-vous forcer celle d'un antre, Quand vous ne pouvez pas triompher de la vôtre ?
H«w ARGANTE.
Suis-je pas la maîtresse?
LE CHEVALIER
Eh ! oui -, de vos ducats :
Mais maîtresse des cœurs! ne le présumez pas. Ce sont des libertins , ils suivent leur caprice.
Et je veui m'en venger.
Çà, rendons-nous just ici Dorante , jeune , riche , aimable au par-dessus . Vous éponsera-t-il ? Ne vous en flattez plus.