‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 683 sur 1244 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

DORANTE, JULIE, FRONTIN

jolie, accourant. ■ Enfin vous triomphez ... Bon Dieu ! quelle figure ! Que veut dire ceci ? Vous voilà tout changé ! Avez -vous, dites-moi , le cerveau dérangé?

FRONTIN

Vous avez deviné.

DOB ANTB.

Faquin , ce badinage Fourrait , sur votre dos , attirer quelque orage. Je suis déjà si las de vos mauvais discours !...

JULIE

De cette vespérie Interrompez le cours ,

Et dites-moi d'où vient votre métamorphose?...

Non; sans que vous parliez, j'en pénètre la cause.

L'espoir de m'épouser vous met en belle humeur;

Et pour me divertir... Hais vous me faites peur.

Je voua en avertis. Quittez cet équipage,

D a je ne sais quoi de triste et de sauvage.

DORANTE

Si bien donc que la robe a pour vous peu d'appas ?

JULIE

Je la respecte fort, mais je ne l'aime pas. C'est une vision qui me choque la vue ; J' aimer ois cent fois mieux n'être jamais pourvue, Que d'épouser un homme avec cet attirail..

FRONTIN, i Dorante.

C'est tout dire en trois mots pour sauver le détail.

DOBANTB, 1 Jolie.

Pour moi, je ne vois pas d'où vous vient cette haine.

Si la seule apparence et m'ennuie et me gêne, Jngez ce que l'effet produiroit sur mon cœur.

FRONTIN, ba à Jolie.

Poussez.

JULIE. 1 Dorante.

Qu'av ez-rous donc ? Vous voilà tout rêveur ? Voyez ce que la robe en un moment opère ! Otè-la-hii, Frontin. ou je m'enfuis.

DORANTE

J'espère Que ce faux préjugé...

jdlib.

Vous vous moquez, je croi, Préjugé! Viens , Frontin.

raoNTTH.

Quoi, madame?

JULIE, lui ÛUnt H robe et «on rabat.

Aide-moi.

Préjugé 1 Rendons-lui sa forme naturelle.

DOSANTE, voulant empêcher Julie de loi oter n robe. Quoi donc! que faites-vous?

JULIE

Comme épouse fidèle , Et prompte à vous servir, souffrez qu'en ce moment Je vous marque mon zèle et mon empressement.

DORANTE, à Julie.

Écoutez.

Pas un mot. Je sois trop occupée, (toi remettant l'épèe ao coté. ) Dépêchons-nous, Frontin. Je vous rends votre épée. Et, de ma propre main , je vous fais chevalier.

FRONTIN, lui mettant ton chapeau.

Et moi, par conséquent , je suis votre écuyer.

JULIE, le cocafdéraiit.

Ah I je vous reconnois 1 Vous voila sous les armes , Et sembler, à mes y eux, avoir de nouveaux charmes. Plus de robe , surtout , et vive le plumet ! Suivez-moi chez ma mère , elle vous le permet , Et m'a même ordonné que je vinsse vous prendre Pour vous mener chez elle, où je vais vous attendre.

DORANTE

Hais...

Sans adieu.

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