‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 727 sur 1244 · LE MEDISANT, ACTE III, SCENE VIII · texte numérisé non relu

LE MEDISANT, ACTE III, SCENE VIII

Il est beau de vouloir corriger km prochain; Hais, pour y réussir, user d'un tour malin...

■ DAMON

Cert par là qu'on corrige , autrement on ennuie. Tel rit quand on le prêche , et craint la raillerie ; Sam moi , ce vieux abbé , parent de Lisidbr, Sou ses faux cheveux blonds se farderait encor. Ce petit magistrat, qui toujours pindarise; Se croirait adore de la vieille Bélise , Si je ne l'eusse pas averti plaisamment Qu'elle avoit de Demis payé le régiment. Inrouuletde chanson que j'ai dit dans le monde A fait voir de Lycas la malice profonde , Et que, depuis qu'il doit sa fortune à Clitoo, Il le fait, à la cour, passer pour un fripon. J'ai oiis ce plat auteur, qui loue à toute outrance, Au point de n'imposer qu'an* benêts qu'il encense. .N'est-ce pas par mes traits que nos petits marquis Y osent plus au théâtre étaler leurs habits? Ce Daodrin de Lycandre , avec sa face étique , Vouloit passer partout pour habile critique; Il ne pariait jamais que d'actrices, d'acteurs. Et, d'un ton décisif, il froudoit les auteurs; Par caprice , il blflmoit , ou bien erioit miracle , F.t ridiculement se donnoit en spectacle ; Je l'ai si bien berné , plaisanté là-dessus , Qu'il s'enivre à présent, et ne décide plus. La prude Célimène , en public vertueuse, Avec son intendant est très-peu scrupuleuse ; Le monde à qui la dame avoit trop imposé , Par les soins que j'ai pris , en est désabusé. Cest là rendre au public un utile service.

VALÊRE.

Non : dis plutôt que c'est lui prouver ta malice : Je te le dis ici pour la première fois , Toi-même tu te nuis bien plus que tu ne crois.

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