SCENE II.' léanDre, richesqurck
Braver a tous moments un nomme de ma trempe ! Quoi , morbleu! devint loi prétend-il que je rampe? Et se croit-il en droit de me traiter en fat, Et de n'exclure ainsi pour un vieux marquisat ?
f.BAÎTDHE.
Vous parlez de Damon ?
HKrtKSOCKCE.
Ah! c'est'toi , La Fontaine.
Oui , je veux m'en venger, ou mourir à la peine. Nous nous mesurerons. Il va voir aujourd'hui Que je suis par le cœur aussi noble que lui.
lkàndhb.
Quel est votre dessein.?
BICHEtOUBCB.
Mon dessein ? De me battre, Un contre un , deux a deux, oo quatre contre quatre , Comme il voudra. Je dois réparer mon honneur, Et rabaisser l'orgueil de ce petit seigneur. Vois-tu bien cette épée ?
LÉ À Nil RE.
Ah ! quelle énorme brette !
BICHESOUBCB.
Je l'atteindrai de loin , ce mignon de toilette : Dès qu'il verra cette arme il parlera plus bas ; Je t'en réponds.
Ma foi , ne vous y fiez pas.
Damon a du courage , et la plus longue épée N'est rien , si par le coeur elle n'est secondée.
BICHESOUBCB.
Du coeur1, en manque-t-on lorsque l'on est marquis?
LBANDKB-
Quelquefbis.
BICHESOUBCB.
Je suis donc un lâche , a ton avis ?
LÉANBBK.
Non. Hais il faut un peu vous consulter vous-même.
BICHBSOUBCI.
Sur quoi?
LBAHBBE.
Vous sentez-vous une valeur extrême?
L'avez-Tous éprouvée en quelque occasion ?
-BICHESOUBCB. •
Bon! je me suis -battu vingt fois comme un lion.
Quoi ! l'épée à la main ?
BICHEBOUBCE.
Non; mais je te proteste...
LÉ AND RE
AU! c'est au pistolet. ,
BICHESOITBCB.
Au pistolet ! la peste !
Je crains tropFarme à feu. .l'ai fait vingt fois assaut Contre mon maître d'arme et contre son prévôt ; . Je sais pousser de tierce , et de quarte , et de quinte-
LBandbb. petuat l'effet i« m*tn.
Oui, Hais «et objet-ci donne bien plus de. crainte. Quand Damon en fureur s'avancera sur vous;
( Il lui allonge uM botta . et BicbcHMirte hdl . ) Ha, bal
BICHESOUBCB.
Ont j'ai déjà perdu tout mon courroux.
A te dire le vrai , cette pointe me choque; Je sens, à son aspect,. ma valeur équivoque: Qui voudra se signale en ces nobles combats ; Hais quand la pointe en est je ne m'y frotte pas.
LÉÀWDRB.
N'allez donc point vous battre.
BICHESOUBCB.
, Ah! morbleu, c'est dommage, Car, un fleuret en main , je me sens du courage. Mais toi, tu me parois un fort brave garçon: Tu pourrois me venger.
LBARDBB.
Et de quelle façon Monsieur?
BICHEBOUBCE.
J'ai mon cousin , le comte de Bienville, Qui , dans peu , de province arrive en cette ville ; Sa personne, à coup sûr, n'est point connue ici. T'y conno!t-on?
LÉAIfDHE.
Hoî?point. Quel sujet?...
BICHESOUBCB.
le voici.
Si tu veux du cousin faire le personnage, Et t'offrir, sous son nom , dans un riche équipage, Tu pourras, à coup sûr, m'etre d'un grand secourt: J'irai dire au Baron que, depuis quelques jours, Mon cousin est ici; et qu'ayant vu sa fille, " Il brûle, autant que moi, d'entrer dans sa famille; Que ma seule poursuite arrétoit son dessein; Maisque, comme je vois que je m'empresse en tiiu, Que pour moi Marianne' a de la répugnance, Que d'ailleurs mon cousin est de haute naissance, Riche , bien fait , j'ai pris la résolution De lui céder ma place et ma prétention.
LKAnBBE.
Qu'en résultera -t-11?
KICHBSOQKCE.
Le Baron est facile ; Il apputra d'abord le comte de Bienville. Tu paraîtras. Damon i enragé contre toi, . . Prétendra te traiter comme il m'a traité , moi : C'est alors qu'il faudra signaler ta vaillance, Le rosser comme un diable, et bâter ma vengeance-
LEAIfDBB.
Ce projet meparott assez bien inventé.
Il ne tiendra qu'à toi qu'rl soit exécuté.
J'y consens volontiers.
BICOKSOUaCE.
Que ma joie est extrême !
LBAHDBB.
Vous servir en ceci , c'est me servir moi-méme-