‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 749 sur 1244 · LE BASSE · texte numérisé non relu

LE BASSE

Il a parbleu raison. Je suis un pauvre esprit.

DAMOR.

C'est ce qu'à tout more eut la Baronne me dit.

LB BARON

L'insolente!

BAMOK.

Après tout, est-il rien plus infâme Que d'être absolument gouverné par sa femme? C'est l'unique défaut que je voyois en vous. J'en ai gémi cent fois. Il me sera plus doux De tenir mon bonheur d'un homme, respectable , Monsieur, que d'une femme aussi déraisonnable.

LE BABON. • Vous la oonnoissez bien.

DAHOH.

Sijelaconnois, moi!

Voulez- vous que je parle ici de bonne foi ?

LE BARON

Vous me ferez plaisir.

DAMON

J'entrevois avec peine Jusque* où va pour vous- son mépris et sa haine ! A toute heure du jour elle médit de vous. Cela me met souvent dans un si grand courroux...

XE BABON.

C'est un diable.

BAMOS.

Il est vrai. Je lui faisois entendre Qu'il falloit votre aveu pour être votre gendre ; Son orgueil fut si. bien piqué de ce discours. Que nous fumes brouillés pendant deux ou trois Et je ne pus jamais finir notre querelle, [jours; Qu'en avouant tout net que Vous dépendiez d'elle ; Bien résolu pourtant de ne conclure point. Si je n'obtenois pas votre aveu sur ce point.

LE BABON.

C'est que vous sentez bien qu'au fond je suis le mat-

dahon. [tre.

Non , vous ne l'êtes pas : mais vous devriez l'être.

i LB BABON.

Me diriez- vous cela devant ma femme ?

Boni

Je serais , dès l'Instant , exclu de la maison. Sur ses droits prétendus vous savez qu'elle est vive ; Et comme elle est dévote, elle est vindicative. Quelle dévotion; qui ne peut corriger La colère, l'orgueil, l'ardeur de se venger; Qui ne met dans l'esprit , égard , ni bienséance , Foule aux pieds les devoirs , usurpe la puissance. Et qui n'a d'autre effet qu'un grave extérieur, Laissant les passions les maltresses du coeur !

Lt BABON.

La voilà trait pour trait.

DAHON. •

-Si cela, vous irrite...

LK-BAflON.

Obi point: vous la louez comme- elle le mérite.

Si je puis nne fois faire un effort sur moi , Je la rangerai bien.

DAKON.

Vous m'excusez , je croi , De ce que je me prête à son humeur bizarre, FUisque mes sentiments , qu'ici je vous déclare , Sont tels que tous devez en être satisfait.

LE BABQN.

Oui, monsieur, j^n serois fort content, en effet; Et je sens gue bientôt vous m'auriez gagné l'âme, Si vous ne médisiez jamais que de ma femme.

DAKON.

Oh! je ne médis plus, j'ai pris cela sur moi.

LE BABÛN.

Et que faites-vous donc ? Parlons de bonne foi : Jamais où vous serez on ne vivra tranquille ; Ha femme ne veut point du comte de Bienville , Elle vient même encor de me jurer tout net Qu'elle ne démordroi t jamais 4e son projet : Pour ne point m'emporter, j'ai gardé le silence : Hais à la fin , parbleu ! je perdrai patience. Pour ne nous point forcer à quelque éclat fâcheux, Daignez porter ailleurs et vos soins et vos vœux; C'est moi qui vous en prie et qui voua fais excuse Si...

DAMON

Maispuis-je souffrir qu'un fripon vous abuse?

LK BABOW.

Comment donc ! on m'abuse ?

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