‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 752 sur 1244 · LE MEDISANT, ACTE V, SCENE VI · texte numérisé non relu

LE MEDISANT, ACTE V, SCENE VI

LA BABORRE.

De mon autorité je me ver rois déchue ! Un mari m'dteroit la puissance absolue !

DAMOH.

Gardez-vous de souffrir un affront si sanglant. Far bonheur le Baron est un homme indolent.

LA BABONNB.

Que trop 1 '

DAMOR.

Depuis dix ans, il radote et surpasse Tous ceux...

Depuis dix ans? Ah ! tous lui faites grâce ; H radote , monsieur, du moment qu'il est né.

D AMOH.

Jusqucs à ce moment vous l'avez gouverné :

Ce n'est que d'aujourd'hui qu'il veut faire le maître ;

Quoiqu'il s'y prenne mal , en effet, il croit l'être.

LA BABOHNB. .

II croit l'être I

DAMOH.

Il affecte un air de gravité , Et vient de me parler d'un ton d'autorité...

LA BARONNE

D'autorité !

DAMOH.

Comment ! il faut l'entendre dire.

LA B ABONNE

Que dit-il , ce vieux fou ?

DAHOR.

Bon ! il n'en faut que rire.

LA BABONNB.

Mais enfin ?

DAMOH'

Qu'il prétend vous mater à tel point, Que , même devant lui , vous ne parlerez point.

LA BABONNB.

Je ne parlerai point 1 0 le plaisant visage !

DAMOH.

Prétendre faire taire une femme st sage !

LA BABONNB. ae lavant avec fureur.

Allons, monsieur, allons.

DAMOR.

Où voulez- vous aller?

LA BABOHNB.

Où ? Chercher mon époux , et ne point déparier. ( Elle retombe dam le fauteuil.) t

Je vois trop d'où lui vient une telle insolence : Mes enfants l'ont gâté par trop d'obéissance; C'est d'eux que vient l'affront qu'on me fait aujour* dakon. [dirai.

Ils n'ont aucun respect , ni pour vous, ni pour loi; Et leur obéissance est une hypocrisie, Pour mener leurs

Valère vous méprise , et vous l'avez gâté : Pour moi, d'u« tel ami je suis fort dégoûté, Il adore Isabelle.

LA BABONNB.

Ah il' indigne 1

DAMOH.

Et je gage Qu'il prétend , malgré vous , faire ce mariage : Il me l'a dit.

LA BABOHNB.

Aimer une fille sans nom 1

DAMOR.

Cette fille , de plus , est fort sotte , dit-on ; Hais sotte glorieuse, et qui, sous un air prude, Cache une humeur fort libre, un esprit aigre et rude, Qui vous contredira du matin jusqu'au soir, Et qui , par ses grands biens, prétendra vous valoir.

LA BABOHNB .

Ah ! que l'humeur bourgeoise est ici bien dépeinte !

«AMOH.

Pour Marianne , il faut que j'en porte ma plainte ; Je l'aime, et ses défauts n'ont point trompé mes yeux; C'est un esprit changeant , léger, capricieux : Elle a fait voir, tantôt , son âme toute nue. Un valet déguisé lui donné dans la vue ; S'H s'offroit un parti d'un étage plus bas , Je pense que pour elle il aurait plus d'appas.

LA BABOKNB.

Mais n'est-ce point plutôt un gendre qu'on suppose Pour nous dépayser ? Examinons la chose. Je soupçonne en ceci quelque dessein secret :. Lisette aura sans doute inventé ce projet. Et mon mari n'osant aller à force ouverte. Ils- sont tous de concerta.

DAMOH. .

L'intrigue est découverte; C'est cela justement.

LA BABOHNB.

Je vous rejoins dans peu , Je vais pourvoir à tout , et nous verrons beau jeu.

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