ISABELLE, CLÉON, L'ÉPINE, NÉRINE
L'ÉPINE, à Isabelle.
Madame Michaut , je suis votre très-humble serviteur.
t CLÉON.
Traître ! est-il temps de plaisanter?
ISABELLE
Ah î Cléon, qu'alto ns-nous devenir?
CLÉON
Quel parti prendre dans, une si terrible conjoncture?
ISABELLE
Nérine , aidetous de- tes'Conseils.
NÉBINB.
Je suis aussi embarrassée que vous, et ce que vous m'avez déclaré tantôt augmente encore mes inquiétudes.
ISABELLE
Ah ! si mou frère étoit à Paris 1 U m'aime ; mon père a beaucoup d'égards pour lui; dois lui confierions notre secret , et il pourrait nous secourir. Majfl il est àla campagne depuis huit jours , et nous fte savons quand 41 sera de retour.
L'ÉPINE. -
Parbleu ! vous voilà bien embarrassé! J'ai trouvé un moyen pour vous tirer d'affaire.
CLÉON
Quels conseils peux-tu nous donner dans l'état où te voilà?
l'éptnb.
Le vin me donne de l'esprit , à moi... Silence... Je vais parier.
CLÉON
Voyous. *
L'ÉPINE
Premièrement, il faut que Mademoiselle s'explique* avec monsieur ('route, et qu'elle" Juj dise avec beaucoup de politesse et de douceur : Monsieur mon père, vous ne savez plus ni ce que vous .dites, ni ce que vous faites.
NÉBINB.
Beau début I ' ' *
L'ÉPINE, iCleou.
En second lieu , vous parlerez , vous , à ce vieux
Aoqûentîn qu'on" veut faire épousera Mademoiselle.
cléon* * •-,
Eh bien ! que loi dirai-je )■ t .
l'épine. ■
Vous te prières très-honnêtement ( car je 'veux de
l'honnêteté partout , moi) de sortir d'ici tout le*
plus tôt qu'il pourra ; mais à* condition qu'il n'y rentrera jamais.
Le beau compliment !
l'épine.
I) pourra fort bien arriver qu'il n'en voudra rien faire ; tant mieux.
CLÉON
Comment! tant mieux ?
l'épine.
Oui, vraiment, nous en serons plus tôt défaits ; car sur le refus qu'il fera de passer ta porte , nous le ferons sortir par les fenêtres.
CLÉON
Eh! tais-toi, maraud! et laisse-nous en repot consulter
( Pasquin cile deniers leth*ilre, tayaut! iriffamt 1 « on donne du cor. )
NÉBINB.
J'entends quelqu'un. C'est la voix de Pasqnin.
ISABELLE
Ah ! ai c'est lui , mon frère n'est pas loin.
NÉK1NE, a. Lubelle.
Retournez à votre appartement, mademoiselle: vous , messieurs , allez joindre vos prétendus camarades. Je veux sonder Pasquin , et savoir de lui si Valère n'a point quelque inclination. En ce cas , vos intérêts sont communs , et je veux vous unir .tous ensemble, pour déranger les projets de monsieur votre père.
Cest bien dit ; il faut la laisser agir : ses soin" peuvent nous être utiles.
CLÉON
Tu peQx compter sur une récompense proportionnée aux services que tu nous rendras.