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LE TRIPLE MARIAGE, SCENE X

Non, ma chère; je suis aussi sage que de coutume. Monsieur Oronte n 'est-il pas ici ? nbbine.

Oui.

Assurément ?

NÉBINE.

Assurément. Il trouvera fort mauvais que tu fesses un pareil vacarme.

PASQUIN , contint autour du thjitre.

Tayaut! tayaut !

NÉBINB.

Eh ! mort de ma vie 1 finis donc , et ne m'étourdis

pas davantage. Quelle diable de musique est-ce là ?

pasquin.

Crois-tu que monsieur Oronte m'ait entendu?

NÉBINE.

Sans doute, et tous les voisins aussi. {Ou donne âa cor.) Mais qu'entends-je ? Autre bruit de chasse. Est-ce que nous sommes au temps des fées, et m'anroit-on tout d'un coup transportée dans un bois ?

Ah ! ma chère! je voudrais te teniren fin fond de forêt.

NEBINE. '

Pourquoi ? pour me couper la gorge ?

PiSQUIN.

Non , mon enfant ; tu n'en mourrois pas.

i On donne cncurc du cor. } NÉBINE.

On redouble. Que veut dire tout ceci?

C'est mon maître qui chasse dans l'antichambre

de monsieur son père.

Explique-moi donc ce que cela signifie?

Cela signifie que nous voulons faire du bruit.

NÉ BINE

Est-ce que ton maître veut insulter son père? Rêvez-vous? âtes-vous possédés ?

PASQUIR.

Oh! donne-toi patience, et tu sauras tout.

NBBINE.

Dépêche- toi donc. De quoi s "agit-il ?

De faire croire à monsieur Oronte queuQUS sommes allés à la campagne pour une grande partie de chasse. Nous venons de faire entrer au logis deux mulets tout chargés de gibier.

NÉBINE.

Deu* mulets ! quels braconniers ! vous avez donc dépeuplé tout le pays?

! Vraiment oui : nous n'avons rien laissé à [a Vallée , ni chez les rôtisseurs.

EIÉKINE.

Que diantre veux-tu dire ?

Que nous ne venons point du, château de Clitandre, comme nous voulons le persuader au père de mon maître. Nous n'avons été qu'A un village à une demi-lieue de Paris, et nous n'y avons pas seulement tué un moineau.

NBBINE.

Qu'avez-vous donc fait là pendant huit jours?

La peste! nous avons fait de bonne besogne; mais c'est un secret qu'il ne m'est pas permis de te révéler.

NÉBINE.

Pourquoi ?

Parce que mon mattre m'a défendu d'en parler ; et c'est pour celaqueje meurs d'envisde te le dire. Oh ! le pesant fardeau qu'un secret! Voici ce que 'c'est. Morf maître. ..Halte-lit, monsieur Pasqiiin, Vous allez faire une sottise. *

NEBINE.

Tu aurois quelque chose it réservé pour moi , pour ta maltresse ? , ■

Je demeure d'accord que cela n'aest pas dans les règles; mais je songe en même temps que ma mattresse est fille. Qui dit fil le,, suppose une personne incapable de se taire, et forcée à révéler le plus grand secret, ou à crever dans les vingt-quatre heures.

1 NÉBINE. ■

N'appréhende rien. Je suis plus forte qu'un homme, moi, sur la discrétion. Parle, ou je romps avec toi.

Tu me prends par mon endroit sensible. Allons, il fant parler. Les pins grands hommes: font des folies pour ces animaux-là. Personne ne peut-il nous entendre?

NBHINE.

Non , si tu ne cries bien fort.

Diable ! ce ne sont pas ici des jeux d'enfant.

NÉBINE.

Comment donc 1

Si l'on découvroit le mystère , ma* mattre^oorrdit être déshérité; cela va là , tout au moins. nbbink.

Diantre!

Et moi , tout au contraire , je pourrais hériter d'une centaine 'de coups de bâton. Je n'aime point ces aubaines-là.

W8BINB.

Tu ne fais qu'irriter ma curiosité. D'où venez-

pasquin.

Nous venons... Malepeste! voici le bonhomme. Il faut que je le dépayse adroitement sur ce sujet. Laisse-nous , j'irai te joindre tout à l'heure.

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