PA80CIS
Mais aussi vous avez tort , madame.
LA COMTESSE
J'ai tort I moi , j'ai tort !Ef en quoi, s'il vous plaît ?
PÀSQUIK.
Vous avez tort d'être venue au monde une vingtaine d'années avant lui. Pourquoi diable vous pressez-vous si fort? Puisque vous deviez l'aimer avec tant de tendresse, il failoit prendre si bien vos mesures, qu'il vint au monde cinq ou six ans avant
voua.
LA COMTESSE
Cela dépendoit-il de moi ?
TAldOU,
Non , madame; mais il ne dépend pas plus de moi de voua aimer.
11 ne failoit donc point me tromper par de fausses protestations.
PA9QB1N.
Ce n'est pas à lui qu'il faut vous en prendre.
LA COMTESSE
Et à qui donc ?
PASonm.
C'est à monsieur sou père , qui le laisse manquer le tout. Tous vous étés offerte a le secourir dans ses besoins. L'occasion étoit dressante. Il s'est vu •ontraint à profiter de votre générosité. Pour rémnpeuse, tous avez voulu des marques d'amour. Le pauvre garçon a fait auprès de vous une dépense
incroyable en soupirs et en protestations. Vous traitez cela de bagatelle, et il n'a point d'autre monnoie à vous donner.
VALÈKE,
Ha foi, madame , qui ne dit mot cousent.
PASQdbt, a la comtenr.
Voulez-vous queje vous donne un moyen de vous venger de lui ?
LA COMTESSE
Tn me feras plaisir, car je suis outrée.
PASQUIH.
Et moi , qui tous parle, je suis en fureur contre lui. Éloignons-nous un peu.
VALÈKE , k put.
Que diable va-t-il lui dire ?
PASQOIIt.
Ce n'est pas tout-à-fait la qualité que tous cherchez dans un mari ?
la comtesse.
Jeneveui qu'un mari qui m'aime et qui m'adore.
FASQUIN.
Eh bien 1 je suis votre homme; je vous épouserai, si vous vous voulez.
LA COMTBSSE.
Retire-toi , malheureux !
PASQUTH.
Je vous vengerai mieux, qu'un autre.
LA COMTESSE
Retire-toi , te dis-je ; je sais un moyen plus sur pour punir cet infidèle.
PASQUIK.
C'est de quoi je doute bien fort.
TALEES.
Et qu'ai-je lieu d'appréhender ?
LA COMTESSE
Tout. Je vais t'épouser malgré toi.
TALÈBE.
M'épouserl Ah ! madame, serez- vous assez cruelle pour cela ?
LA COMTESSE
Oui , perfide! je viens de te demander à ton père. Je lai ai offert de te prendre sans un son. Ma proposition lui convient , il t'accepte : et cela me sufit. Adieu, monsieur; faites vos petites réflexions; mais mettez-vous en tête que je serai votre femme : je l'ai juré; cela sera; c'est moi oui voua le dis, et qui suis votre très-humble servante.