‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 779 sur 1244 · VALERE, ISABELLE, NERINE, PASQUIN · texte numérisé non relu

VALERE, ISABELLE, NERINE, PASQUIN

ISABELLE

Ah! mon frère, que j'ai besoin de votre secours I

YALÈSB.

Ah! ma sœur, que j'ai besoin de vos conseils!

ISABELLE

Mon père me met au désespoir.

VALBBE.

Hou père nu vent faire mourir do douleur.

U prétend que j'épouse monsieur Miehaut.

vàj.èhe.

H veut que je me marie avec la vieille Comtesse.

ISABELLE

Il faut que Je périsse, sjje lui obéis.

VALBBE.

Il faut que j'expire, si je ne lui résiste pas.

NÉBJNB,

Voila qui débute bien. Jusqu'ici vos fortunes sont pareilles: ne se ressemblent-elles point encore par d'autres circonstances P

VALBBE.

Ah ! Nérine ! ma sœur est moins a plaindre que moi. Si elle n'a pas la force de résister, elle en sera quitte pour vivre quelque temps malheureuse avec un mari qu'elle sera en droit de haïr; maie mon sort est si cruel ; que je ne saurois suivre les ordres de mon père, ni lui déclarer les raisons qui m'en empêchent.

NEBIHE.

Nous sommes dans le même cas.

V ALÈSE.

Comment donc !

NÉBINE.

Expliquez-vous un peu plus clairement, et noua nous rendrons plus intelligibles.

ISABELLE

Hou frère , ne me déguisez rien , je vous en conjure.

YALSBE.

Abîma sœur 1 je n'oserais parler; la moindre indiscrétion me perdrait.

HRBINB.

C'est tout de même ici ; un mot lâché mal à propos est capable de gâter toutes nos affaires.

Croyez -vous , mon^ frère , que je sois capable de tous trahir?

VALBBE'.

Puisqu'il faut ne vous rien celer, ma sœur.. .Pasquin, dis-lui ce qui s'est passé; je n'ai pas la force de l'avouer moi-même.

PASQinir.

Moi , monsieur, révéler un secret ! Vous me prenez pour un autre.

VALBBE.

Tout ce que je voos avouerai en général, c'est que je ne puis plus me marier Résonnais.

ISABELLE

Hélas! mon frère! il ne m'est pas plus permis qu'à vous de consentir au mariage qu'on me propose.

VALBBB.

La dureté de mon père m'a contraint à prendre de certaines résolutions dont je ne puis ni ne veux me dédire.

ISABELLE

La même raison m'a mise dans la nécessité de consentir à des engagements que rien ne peut rompre désormais.

< VALBBE.

Je suis marié, ma sœur. *

ISABELLE

Je suis mariée, mon frère.

VALBBE.

Ah Ciel 1 quel «t votre époux?

' C'est Cléon.

YALBKB.

Cléon] je le comtois; il est de mes amis.

ISABELLE

Et quelle est la femme que vous avez prise?

VALKBE.

C'est Julie.

ISABELLE

Je la connois aussi; c'est une fort aimable personne.

hémhe.

Voilà la confidence achevée.

ISABELLE

Quel parti prenez*Fous , mon frère?

VALBBE.

De'm'exposeràtout, plutôt que de rompre mes engagements. Et vous , ma sœur?

ISABELLE

De mourir, plutôt que de manquer à ma foi.

NÉRINE

Voilà monsieur votre père, avec la Comtesse et monsieur Michaut. - ■

VALISE

Je tremble.

ISABELLE

Je n'eu puis plus.

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