‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 800 sur 1244 · DÉBINE · texte numérisé non relu

DÉBINE

Que faut-il pour cela ?

M 'aimer.

SJtBINK.

Ôh ! c'est trop : vous demandez une chose impossible.

lisihou.

Comment , impertinente 1

KEBINE.

Mettez la main sur la conscience. Est-il possible d'aimer un homme bilieux et colère, qu'une vétille met en fureur , qui rompt en visière à tout le inonde, et quiquerelledepuls le matin jusqu'au soir? Tout ce qu'on peut faire pour votre service, c'est de vous craindre et de vous haïr.

LUIHOK, t pirt-

Ellea raison. D'ailleurs il faut filer doux, j'ai besoin d'elle, (mm.) Oh ça, revenons à notre affaire. La mère de Julie étant morte, tu sais qu'elle n'a plus de parents ni d'appui qu'un oncle qui est aux Indes, et qui m'a prié de la retirer chez moi jusqu'à son retour.

KKUINR.

Je sais tout cela.

Mais , ce que tu ne Baissas, c'est que , par un vaisseau qui arriva dernièrement , il m'envoya un pouvoir de marier Julie.

ItEBIfTE.

Le bon onclel il songe à tout. Il n'est pas content d'avoir fait tenir cinquante mille écus à sa nièce, il prétend qu'elle en jouisse avec un aimable associé. II sait les besoins de notre sexe, il y compatit. Il veut prévenir l'impatience de Julie. Il songe qu'elle a vingt-cinq ans, et que c'est l'âge où l'on ne peut plus attendre. Oh 1 que cet honimejà connoït bien la nature I

LISIMOK.

Oh ça , parle sincèrement. Julie n'a-t-elle point quelque inclination ?

KEBINE.

Vraiment, est-ce qu'une S Ile peut vivre sans cela ? Il y a environ trois ans qu'il vint un jeune homme an couvent où étoit ma maltresse.

USIHON.

Ces enragés-là se fourrent partout.

NBHINE.

Il s'appeloit Léandre.

uaiwofi.

Son nom ne fait rien à l'affaire.

nium.

Dès qu'ils se virent , ils s'aimèrent éperdunknt.

LISIMON.

Tant pis.

HBXINE.

Ils firent plus.

li sinon.

Comment diable! Et quoi donc?

NEBINE.

Ils voulurent s'épouser; "mais quand il fallut venir au fait, Léandre apprit que Julie n'avoit point de bien , et qu'elle ne subsistoit que d'une pension que lui iiiisoit son oncle ," depuis que sa mère l'avoit laissée à Paris , sans dire à personne où elle étoit allée.

LI5IMON.

Et le jeune homme étoît-il riche?

NBHINB.

Pour tous biens présents et à venir, il avoit un grand fonds de tendresse et de beaux sentiments.

LtSIMON.

Belle provision pour le ménage!

Mirai.

Cela les fit résoudre à se séparer. Léandre partit dans le dessein de mourir, ou de revenir assez riche pour épouser Jolie. Depuis cela , nous n'avons point eu de ses nouvelles.

LISIMON.

Je m'en réjouis. C'est quelque jeune fripon qui vouloit l'attraper.

Miras.

Il avoit un valet , nommé Crispin, qui étoit un aimable garçon.

LISIMON.

Il te plut.

KBBINK.

Faut-il le demander? Une suivante aime toujours le valet de celui qui soupire pour sa maîtresse. C'est la règle.

LISIMON.

Et dis-moi. Ta maîtresse à-t-elle toujours de l'inclination pour ce Léandre?

MSBIMZ.

Miracle! c'est une fille constante. Pour moi , je n'ai pas fait de même. J'étois un peu pressée; et, comme les absents ont toujours tort , Pasquin s'est mis sur les rangs , et je l'ai bravement épousé.

, LISIMON.

Tu as bien fait. Ta maltresse n'aura pas moins de courage?

MtIJMI.

C'est scion. Quel est le parti que vous lui destinez?

Premièrement, celui que je lui destine n'est pas un jeune homme.

Miras.

Premièrement , elle n'en voudra point.

Nous verrons. C'est un homme entre deui&ges, qui est encore en état de la rendre heureuse.

NÛINE.

Ah ! monsieur, je tremble.

LISIMON.

Qu'as-tu ?

Je crois que j'ai deviné.

LISIMON.

Et cela te fiait trembler ?

Oui; je meurs de peur que ce ne soit vous qui vouliez épouser ma maîtresse.

LISIMON.

Il est vrai , c'est moi-même.

nÎBINB.

Je ne m'étonne plus si j'étois de ai mauvaise humeur. J'ai eu tout le jour un pressentiment de

ce malheur-là.

LIBIMON.

Impudente I je me lasserai....

Mirai.

Tenez , voici ma maîtresse ; expliquez -voua avec elle.

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