L'OBSTACLE IMPREVU, ACTE II, SCÈNE VIII
ItSIMON.
Vous pourriez , ce me semble , parler plu» bon* Bêtement.
NBEINE.
Voulez-vous que Mademoiselle vous dise qu'elle tous aime? Cela scroit obligeant, mais cela ne seroit pas véritable.
LIS IKON.
De quoi te mêles-tu? c'est toi qui loi inspires l'éloignement qu'elle a pour moi.
Oh doeI monsieur ; cela m'est venu tout naturellement.
ViLKHK , 1 pirt.
Fort bien.
Nintm.
Vous voyez qu'il n'y a rien d'emprunté dans ce discours; c'est la pure nature. Mademoiselle trouve qu'il n'y a nul rapport d'elle à vous; que plus vous ferez d'efforts pour avoir son coeur et sa main , plus vous lui paroîtrez ridicule et désagréable; que si vous la forcez a vous épouser, d'une très-honnête fille vous en ferez une très- malhonnête femme. Est-ce moi qui lui inspire tout cela?
LISIIION.
Et qui donc?
hékihe.
C'est la nature. Mademoiselle jette les yeux sur vous et sur monsieur votre fils : elle voit que vous avez l'air d'un père de famille-, que Monsieur a l'air d'un homme qui doit songer à le devenir ; que votre temps est passé; qu'il entre dans le sien; qu'elle ne peut avoir que de tristes moments avec vous; que Monsieur peut lui en faire passer de fort agréables. Est-ce moi qui lui fais sentir tout cela?
' LISIHOH.
La coquine va dire encore que c'est la nature.
KBBIEIE.
Elle-même: quand elle parle, il faut obéir. Oh! elle a de grandes influences sur les filles de son âge. Je sais ce que c'est , j'y ai passé.
L1SIMOH. ■
Mais si je crois tout ce que l'on me dit, mademoiselle , mon fils ne m'a point imposé du tout ; et tous êtes assez folle pour l'aimer?
mut.
Je ne dis pas cela. Mais si les grands biens que je dois avoir de mon oncle vous tentent jusqu'à vouloir qu'ils ne sortent pas" de votre famille, j'aime mieux les partager avec lui qu'avec vous.
HBBIKE.
Eh bien ! tenez , c'est encore la nature qui parle: Dites-vous qu'elle a tortf
Lismoir; Oui! Oh, palsambleu! mademoiselle, je sais Je
moyen de vous punir de ['affront que vous mefai tes, et de vous faire repentir de votre mauvais choix.
JDLIB.
Quelle punition voulez-vous dono n'imposer?
Elle sera plus grande que vous ne lé croyez. Je vous condamne à devenir la femme de ce gentilhomme-là ( dmmu valt™ ), et à l'épouser des .demain. C'est à 'lui que votre oncle vous destinait , si je "le jugeôis-à propos. -
JOLIE, k nèrlae.
Ah! me voilà perdue.
VAXBBE.
Je triomphe!
MËRINB.
Bon I ne voyez-vous pas que Monsieur se moque de nous?
JULIE
Il est vrai qu'il n'est pas homme A me- témoigner tant de complaisance.