SCÈNE PREMIÈRE
JULIE, HÉRINE.
HEBIHS.
Jx vous soutiens que j'ai raison, et que vous ne sauriez mieux faire que de suivre mes conseils.
(Glu.
Ta as bien changé depuis une heure. Personne ne me parloît plus vivement que toi contre Valère, et m veux présentement que je l'épouse.
HBfliSB.
C'est que je suis lasse de voir que vous vous morfondiez en attendant un petit infidèle. Il n'y a rien de plus triste que l'état d'une fille : vous l'êtes depuis vingt-cinq ans, et il yen a plus de six que vous enragez de l'être. De vingt-cinq à trente, l'intervalle est court; insensiblement une fil le arrive à quarante h solitude où elle commence à se trouver alors loi fait connoltre que le temps passé ne revient plus; elle enrage de n'en avoir pasprofité. Tout l'avertit qu'elle est dans son automne : triste .automne qui oc porte point de fruits, et ta menace d'un hiver prochain qui n'en produira jamais.
Je ne f ai jamais vue si éloquente; et l'exhortation que tu Tiens de me faire estons oraison dans tontes les formes.
HBBINB.
Prenez garde que ce ne soit l'oraison funèbre de vos charmes;
' joiie.
J'en ai fort peu, Nérine , et je sens bien -que ce peu doit diminuer après un certain temps; mais j'aime beaucoup mieux n'être point pourvue que d'épouser un homme que je n'aime pas.
IfÉBHTB.
Ah 1 si vous saviez ce que c'est que d'être fille toute sa vie 1
JULIE
Le grand malheur I Ne semble-t-il pas qu'un mari soit quelque chose de bien précieux ! Je sais ce qui se passe dans te monde. Qu'est-ce qu'un mari? c'est un homme qui vous a aimée , tout au plus, lorsque vous n'étiez pas sous ses lois , et qui vous honore de son indifférence du moment que vous y &es.Si,parunmiraclequi ne se voit guère, il vous aime encore après le mariage , c'est le censeur de tous vos discours , c'est le contrôleur de toutes vos actions. Le beau plaisir de se marier pour être méprisée, ou pour essuyer d'étemelles persécutions!
HSEIHK.
" Fort hien. Vous déclamez contre le mariage, et voua voudriez en courir las risquas avec Léandre.
JBXIB.
Ouï, parce que je l'aime de fout mon eomr , et qnll mut qu'une fille se marie. D'ailleurs, je suis fortement permadéequej'suroismoina de chagrins avec lui qu'avec un autre.
BTÉBlrlE.
Mort de ma vie 1 ne vous y flez pas ; il n'y a qu'une Sme pour tous les maris. Mais supposons l'impossible , je ne vois nulle apparence a votre bonheur. Léandre ne revient 'point ; selon mes conjectures, il ne reviendra jamais. Avec toutes vos chimères , vous mourrez fille ; c'est moi qui vous le prédis.
Eh bien ! je mourrai ma maltresse.
HÉBIWB.
Cependant vous avez donné votre parole a Valère. roua,.
Oui, s'il obtient le consentement delà Comtesse. Je ta connols, elle ne le donnera jamais ; et Léandre aura le temps d'arriver avant que tout ceci soit termine.
BTBKINB.
Le faux-fuyant est admirable'; mais Bien sait si Lisûnon l'approuvera. H fulminera contre vous. Le voici. Vous allez voir beau jeu.