L1SUSON
Comment cela se peut-il ? Vous allez donc rire et pleurer ?
LTCAKDBE.
le sois pénétré de la triste situation de cette dame : la perte de son père , de son frère et de son époux, la détermine à renoncer au monde pour jamais : elle va se jeter dans un couvent; c'est une résolution si bien prise, que rien ne l'en peut dé-
tourner. Voilà ce qui m'afflige, parce que j'ai pour elle une tendresse de frère ; mais ce qui me comble de joie , c'est qu'ell tdonne tout son bien à Julie.
A votre nièce?
LTCAKDU.
A ma nièce , si vous voulez.
USUION.
Comment donc, si je veux? Je ne vous entends point.
LYCAKDtB.
Dans un moment vous m'entendrez mieux. Enfla voila Julie une riche héritière, puisqu'elle aura non-seulement tout ce que je possède , mais encore toute la succession de la veuve.
LISI1ION.
Il est naturel que Julie soit votre héritière, puisque vous n'avez point d'enfants ; mais qu'elle le devienne encore de la fille lia duc de Sorriento , c'est ce qui me parott fort extraordinaire.
LYCAIRMtl,
Cependant, apprenez de moi que rien n'est plu juste ni plus raisonnable.
Voilà ce que vous aurez peine à me prouver, puisque Julie n'est ni parente ni alliée de cette veuve.
LTCÀJiDBE.
Et que diriez-vous, si je vous, faimia voir que Julie est sa plus proche héritière ?
IOSIMOfi. -
Parbleu ! vous vous moquez de. moi. Sa pins proche héritière ?
LTCAHDR1.
Oui, car elle est sa nièce.
LISUION.
Sa nièce ! Elle est petite-fille du duc de Sorriento ?
LYGANDKK.
Justement. .
LlSUIOfl. -
Haïs je crois que vous perdez l'esprit , soit dît sans vous offenser.
Croyez plutôt que Je suis dans mon bon sens.
Je n'y suis donc pas, moi i car comment me ferezvous comprendre que la fille de votre frère....
LTCANDRE.
Eh bien 1 tenez , voilà ce qui vous trompe encore. Julie n'est point ma nièce.
LI8IMON.
Elle n'est point votre nièce ? elle n'est pas fille de la comtesse de laFilandièxe , remariée en troisièmes noces an prétendu baron de Saint-Aubin.