SCÈNE III
ISABELLE, VALERE, LISETTE
VALEBE . courant an-dev«t d'elle.
Ma sœur, que je vous dise une gronde, nouvelle!
LISETTE , h ratenint.
Eh bien ! ne voilà pas mon étourdi ?
VALÈRK.
Mon cœur
Ne peut se contenir. Je sors. Adieu, ma sœur.
ISABELLE
Adieu ! vous moquez-vous? Dites-moi donc, mon Cette grande nouvelle? [frère,
YALÈBB.
Oh! ce n'est rien.
ISABELLE
Valet* , Quoi ! vous me plaisantez ?
VALÈBE. | '
Non, non , quand vous saurez....
Allez- vous-en.
VALEUR sort et revient.
Ma sœur, lorsque vous parlerez A Lisette....
ISABELLE
Eh bien donc?
VALÈHE.
Ayez toujours pour elle Le respect....
ISABELLE
Le respect ?
VALÈHE.
Oui; car Mademoiselle....
Je veux dire Lisette, a certainement lieu De prétendre de vous , et de nous tous.... Adieu.
(ilHrtbmqœment ) SCÈNE IT.
ISABELLE , XISETTE.
ISABELLE
Je ne sais que penser d'un discours aussi vague : Qu'en dites-vous ? je crois que mon frère extravague.
LISETTE
Quelque chose à peu près.
ISABELLE
Moi , pour vous du respect 1 C'est aller un peu loin. Ce discours m'est suspect. Oh ça, conviendrez -vous de ce que j'imagine?
LISETTE
Quoi?
ISABELLE
Mon frère vous aiote. Oh ! oui , oui , je devine. Votre air embarrassé confirme mon soupçon.
Et quand il mfefmeroit, seroît-ce cm crime?
Mais....
LISETTE
Si je l'en veux croire , il me trouve jolie; Mais bon 1 je n'en crois rien.
ISABELLE
Pourquoi?
LISETTE
Pure saillie Déjeune homme , qui sait prodiguer les douceurs, Et qui , sans rien aimer, en veut à tous les cœurs.
ISABELLE
Non , mon frère n'est point de ces conteurs volages, Qui d'objet en objet vont offrir leurs hi Je connois sa droiture et sa sincérité , Et s'il dit qu'il vous aimé , il dit la vérité.
LISETTE . TiTcmrat.
Quoi! sérieusement?
ISABELLE
Oui , la chose est certaine.
Je vois que ce discours ne vous fait point de peine. Ah! ma bonne!
LISETTE
Quoi donc?
Je pénètre aisément.
Quoi 1 que pénétrez-vous ?
Mon frère est votre amant, Et mon frète , à coup sur, n'aime point une ingrate. Vous avez le cœur haut, et l'âme délicate.
LISETTE
Voici le fait. I) dit que si je n'étois point Ce que je suis....
1SABELLB.
Eh bien?
LISETTE
Il m'estime a tel point, Qu'il feroit son bonheur de m 'obtenir pour femme.
ISABELLE
Ensuite ? Vous rêvez ! Je vous ouvre mon âme En toute occasion , Lisette ; imitez-moi. Que lui répondez-vous ? parlez de bonne foi.
LISETTE
Eh mais! Je lui réponds.... Vous êtes curieuse A l'excès.
ISABELLE-
Poursuivez.
LISETTE
Que je serais heureuse.