‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 98 sur 1244 · LE MARQUIS , LA COMTESSE , ANGÉLIQUE , NERINE · texte numérisé non relu

LE MARQUIS , LA COMTESSE , ANGÉLIQUE , NERINE

LB MARQ.BI$, m rajustant, à la COmteM.

Je suis tout eu désordre : un maudit embarras M'a fait quitter ma chaise à deux ou trois cents pas ; Et j'y serais encor dans des peines mortelles. Si l'amour , pour vous voir, ne m'eût prêté ses ailes.

LA COMTESSE

Que monsieur le marquis est galant sans fadeur !

LB MABQUIS.

Ob! point du tout, je suis. votre humble serviteur. Mais, à vous parler net, sans que l'esprit fatigue , Près du sexe je sais me démêler d'intrigue.

( Apercevant Angélique. ) Ah | juste Ciel ! quel est cet admirable objet !

LA COMTESSE

C'est ma soeur.

LE MABQUIS.

Votre sœur ! vraiment , c'est fort bien fait Je vous sais gré d'avoir une sœur aussi belle ; On la prendrait , parbleu , pour votre sœur jumelle.

Comme à tout ce qu'il dit il donne un joli tour ! Qu'il est sincère ! On voit qu'il est homme de cour. LB marquis. [ nuie-

Homme de cour , moi ! non. Ma foi , la cour m'en- L'esprit de ce pays n'est qu'en superficie ; Sitôt que vous voulez un peu l'approfondir , Vous rencontrez le tuf. J'y pourvois m 'agrandir ; J'aide l'esprit, du cœur, plus que seigneur de ' Je joue, etj'y ferais fortbonnecontenance: [France; Mais je n'y vais jamais que par nécessité, Et pour y rendre au roi quelque civilité.

NÉBINB.

Il vous est obligé , monsieur , de tant de peine.

LE MARQUIS

Je n'y suis pas plus tôt , soudain je perds haleine.

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