LE MARQUIS , LA COMTESSE , ANGÉLIQUE , NERINE
LB MARQ.BI$, m rajustant, à la COmteM.
Je suis tout eu désordre : un maudit embarras M'a fait quitter ma chaise à deux ou trois cents pas ; Et j'y serais encor dans des peines mortelles. Si l'amour , pour vous voir, ne m'eût prêté ses ailes.
LA COMTESSE
Que monsieur le marquis est galant sans fadeur !
LB MABQUIS.
Ob! point du tout, je suis. votre humble serviteur. Mais, à vous parler net, sans que l'esprit fatigue , Près du sexe je sais me démêler d'intrigue.
( Apercevant Angélique. ) Ah | juste Ciel ! quel est cet admirable objet !
LA COMTESSE
C'est ma soeur.
LE MABQUIS.
Votre sœur ! vraiment , c'est fort bien fait Je vous sais gré d'avoir une sœur aussi belle ; On la prendrait , parbleu , pour votre sœur jumelle.
Comme à tout ce qu'il dit il donne un joli tour ! Qu'il est sincère ! On voit qu'il est homme de cour. LB marquis. [ nuie-
Homme de cour , moi ! non. Ma foi , la cour m'en- L'esprit de ce pays n'est qu'en superficie ; Sitôt que vous voulez un peu l'approfondir , Vous rencontrez le tuf. J'y pourvois m 'agrandir ; J'aide l'esprit, du cœur, plus que seigneur de ' Je joue, etj'y ferais fortbonnecontenance: [France; Mais je n'y vais jamais que par nécessité, Et pour y rendre au roi quelque civilité.
NÉBINB.
Il vous est obligé , monsieur , de tant de peine.
LE MARQUIS
Je n'y suis pas plus tôt , soudain je perds haleine.