CAROLINE, CÉCILE
CÉCILE , toute troublée.
Hélas ! pardon ,
Car madame est mal disposée.
CAROLINE
Quand il serait vrai , pourquoi non ?
C’est une tyrannie étrange...
On n’a qu’un instant, par bonheur.
Pour être de mauvaise humeur,
Il faut encor qu’on vous dérange.
Que voulez-vous, que demandez-vous? M. Édouard? Il n’est pas ici.
CÉCILE
Ah , madame ! je ne vous reconnais pas là ; vous qui d’ordinaire êtes si bonne et si indulgente. . . Mais je n'insiste plus , je me retire ; et je vois que pour moi il n’est plus d’espoir.
CAROLINE
Je ne comprends rien à votre chagrin... Apparemment, il vous convient d’en avoir, et vous êtes malheureuse pour votre plaisir; car tout le monde ici' consent à votre union avec M. Édouard ; vous épousez celui que vous aimez.
CÉCILE
Et si je ne l’aimais pas?
Que dites-vous? Pauvre enfant! et j’ai pu l’affliger ! j’ai pu causer ses larmes ! Cécile, pardonnez-moi, confiez-moi vos peines, vos tourments. Je serai trop heureuse de les adoucir.