NOIRMONT
M. DE BERLAC.
Oui, monsieur, je diminue le budget, j’éclaircis les comptes; je les mets à la portée de tout le monde. Les voilà : regardez ; vous n’y voyez pas encore? Approchez des lumières ; n’ayez pas peur, ça ne mettra pas le feu. Des lumières partout; je ne les # crains pas , je veux qu’on y voie.
MADAME PRESTO
Comme monsieur voudra , mais comme il fait grand jour...
M. DE BERLAC.
Grand jour ! ma chère amie. Oui , vous avez raison ; c’est un grand jour, le jour de la réconciliation , du bonheur général ; car je veux désormais que tous nos administrés , que tous nos contrihuables soient heureux. Quand une fois , par hasard , ils auraient de l’agrément pour leur argent , où serait le mal?
M. DE NOIRMONT , à part.
Voilà bien le ministre le plus original...
M. DE BERLAC.
Et puis quand je m’en irai , je leur dirai : « Mes enfants , me « voilà. Rien dans les mains , rien dans les poches. Regardez dans « les vôtres , et comptez. Comme cela, on se sépare bons amis ;
« une poignée de main , et votre serviteur de tout mon cœur , je « m’en vais déjeuner. » — Car nous déjeunons , n’est- il pas vrai ?
( Il passe à la gauche du théâtre ; madame Presto est à sa droite. )