‹ Œuvres choisies de E. Scribe 3Chapitre 138 sur 457 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

M. DE 501 R MONT

Votre excellence veut rire?

M. DF. BERLAC.

Je ne ris jamais ; mais je ne vous en empêche pas. Je veux que le peuple s’amuse, je veux qu’il rie, fut-ce à mes dépens; cela vaut mieux que de le faire pleurer.

Air : Comme il m’aimait.

Je le permets :

Ayez lous de l’indépendance ;

Avocats , députés , préfets ,

Ayez ensemble désormais De l’appétit, de l'éloquence ,

Kt même un grain de conscience ;

Je le permets.

Deuxième couplet.

Je le permets:

Qu’un journal soit incorruptible ,

Qu’un orateur parie français,

Que nos auteurs , dans leurs couplets ,

Aient de l’esprit, si c’est possible,

Qu’un censeur même soit sensible ;

Je le permets.

Les journaux sont-ils arrives ?

MADAME PRESTO, allant à gauche.

Ils sont en bas. Vite petite fille, les journaux de monseigneur.

SI. DE BERLAC.

Ne vous donnez pas la peine, je descendrai dans la salle des voyageurs les lire moi-même ; je ne suis pas fier. En même temps je prendrai mon cafc, et de là je me rendrai au ministère pour m’y installer. (A M. de .Noirmont. ) Vous m’y suivrez.

M. DE NOIRMONT , s’inclinant.

Monseigneur n’a pas d’autres ordres à me donner ?

M. DE BERLAC.

Si vraiment ; cette note qu’il faut mettre au net, et envoyer au journal ministériel. Entrez là dans la chambre. (Il le prend à part, et lui dit tout bas avec mystère : ) VOUS trouverez tout ce qu’il faut pour écrire. Monsieur de Noirmont, conduisez-vous bien. (Lui glissant la tabatière qu’il a reçue de M. Dufour. ) Je ne m’en tiendrai pas là. ( Mouvement de Dufour.) Adieu, mes enfants, adieu.

LA MAMIE DES PLACES

Air r Au marché qui vient de s’ouvrir ( de la Muette de Portici).

TOUS

Ah, monseigneur ! ah, monseigneur !

Je suis à vous de tout mon cœur.

MADAME PRESTO

Il sera notre bienfaiteur,

Mous lui devrons notre bonheur.

11 aurait bien mieux fait ici De m’donncr Georges pour mari.

DUFOUR

Quel talent ! quelle profondeur !

Ah, quel grand administrateur !

M. DE NOIRMONT

Celui-là fera, mes amis ,

Le bonheur de notre pays.

TOUS

Ah, monseigneur, ah, monseigneur !

Je suis bien votre serviteur.

Je suis à vous de tout mon cœur.

M. DE BF.RLAC.

Que Je jouis de leur bonheur ! . ..

Je suis à vous de tout mon cœur.

(M. de Bcrlac entre dans la chambre du fond à droite; madame Presto dans celle du fond à gauche; M. Dufour sort par la porte du fond, et M. de Noirmont entre dans la chambre de .M. de Berlac, n° 54.)

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