SCÈNE XUJ
GEORGES
Rien, monseigneur.
m. ne BF.RI.AC.
J’ai dit à M. de Noirmont de me rejoindre au ministère. ( A Juliette. ) Voilà votre mari. ( A madame Pre.it». ) Vous congédierez Dufour. Moi , on m’attend ; je vais à mon audience.
MADAME PRESTO
Et la voiture de monseigneur.
M. DE BRRI.AC.
Point de voiture; il est beau d’entrer au ministère à pied, avec le parapluie à canne , et d’en sortir de même. Donnez-moi le parapluie à canne ( George* lui donne le parapluie ) , il est de rigueur ; car, là aussi, il y a souvent des orages. Adieu, mes amis, je vous reverrai ici , après mon audience. Je reviendrai dîner.
MADAME PRESTO, acrompagnant M. de Bcrlac, qui sort.
Ah ! quel bonheur pour moi ! Vous pouvez être sûr que le diner le plus lin elle plus délicat... un diner de ministre... rien que des trflPj;'., .
M. DE BF.RLAC, revenant avec colère.
Des truffes! Qui est-ce qui a dit des truffes? Point de'truffes. Les malheureuses ! elles ont causé dans l’Etat trop de désordre , trop d’abus , sans compter les indigestions ; je n’en veux point sous mon ministère , je les destitue.
MADAME PRESTO
Destituer les truffes! qu’allons-nous devenir?
M. DE RERLAC.
Je ferme la bouche aux mécontents , aux envieux.
GEORGES
7^- Ils l’ouvriront encore pour crier ; c’est changer les idées reçues.
MADAME PRESTO
Bouleverser tous les repas.
GEORGES
Soulever contre vous tous les appétits de la grande propriété.
M. DE BRRLAC, rêvant.
C’est possible. ( A Georges. ) Vous me ferez un rapport là-dessus ; ( à part ) au fait il faut marcher avec le siècle , et nous vivons dans un siècle truffé. D’ailleurs , si je les destitue , qu’est-ce que ‘ je mettrai à leur place ? je ne vois que les... qui sont bien insuffisantes pour les besoins de la civilisation ; j’y^ougerai. ( A Georges. ) Le portefeuille. ( Georges lui donne un portefeuille. ) Vous ferez votre
LA MANIE DES PLACES
rapport. ( A madame Presto. ) Vous congédierez Dufour. Adieu, mes enfants, adieu : j’y songerai. ( I! sort par le fond; Juliette et madame Presto sortent avec lui. )