M. DE BER LAC
Et de quel droit priver un citoyen de ce qu’il a de plus précieux au monde , de sa liberté? Holà ! quelqu’un ! ( Un domestique entre. )
GEORGES
Il y a sans doute des raisons.
M. DE RERLAC.
Des raisons ! il n’y en a pas ; il n’y a que la loi , la loi avant tout , je ne connais que ça : point d’arbitraire , je n’en veux pas.
GEORGES, regardant le domestique qui est entré.
Aussi , je vais envoyer. ,
M. DE BERLAC.
Attendez ; il faut un ordre, et je vais le signer. ( il va à la table, et prend du papier et une plume. Pendant ce temps, Juliette passe à gauche , à cité de madame Presto. ) Quel honneur ! quel beau privilège ! une plume , un peu de papier , trois mots : Mettes en liberté , et vous sauvez un innocent, un opprimé, un honnête homme. Mettes en liberté. Allez. ( Il donne le papier à Georges. )
GEORGES, qui, pendant ce temps, a parle à un domestique.
Allez.
M. DE BERLAC, reprenant le papier.
Un instant , que je lui donne l’adresse de mon ministère pour qu’il vienne m’y rejoindre de suite. ( Il écrit, et donne le papier à Georges. ) Allez.
GEORCES, donnant le papier au domestique.
Allez.
u. de BERLAC, sur le devant de la scène.
Je suis content; une injustice réparée... ça fait bien pour entrer en fonctions ; et je puis maintenant me rendre à mon ministère. On doit aimer à faire le bien quand on a le temps ; c’est si facile ! moi , j’en ferai souvent ; je n’aurai pas d’ennemis, je pardonnerai toujours, et d’abord ce pauvre Frédéric de Rinville... (Frédéric parait sur la porte du cabinet. ) Me voilà ministre ; c’est le montent d’avoir de l’indulgence et de lui dire : « Mon ami , une pdtgfiée de « main ; rendez-moi votre amitié , et prenez ma fille , je vous la « donne avec des gants blancs, un bouquet au côté... C’est bien, « c’est bien ; point de remercimcnts. ( S’essuyant les yeux. ) Pauvre i< enfant! rendez-la heureuse, et nous serons quittes. »
GEORGES
Ah ! l’honnète homme.
M. DE BERLAC.
Qu’est-ce que c’est?
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