SCÈNE XVIII
les précédents; FRÉDÉRIC.
M. de Berlac ! M. de Berlac ! où est-il ?
H. DE BERLAC.
Frédéric de Rinville !
FRÉDÉRIC
Lui-mcme, qui est impatient de vous embrasser.
M. DE BERLAC.
Ce matin , monsieur, j’étais puissant , j’étais ministre ; je pouvais vous revoir et vous pardonner, mais maintenant.. .
174 LA MANIE DES PLACES
FRÉDÉRIC
Maintenant plus que jamais ; il y a bien d’autres nouvelles.
H. DE BFRLAC.
H serait possible !
FRÉDÉRIC
On vous a enlevé votre place de minisire, parce qu’on vous en destinait une bien autrement importante dans les circonstances actuelles ; une place qui réclamait tous vos talents et votre adresse : on vous nomme ambassadeur à Constantinople.
H. DE BERLAC.
Moi !
TOUS, s'approchant de M. de Bcrlac.
Ambassadeur !
M. DE BF.RLAC.
Mon cher Frédéric, mes amis, mon gendre! ambassadeur! je m’en doutais ; ambassadeur à Constantinople !
g eoiu.es.
Au moment où ils reviennent tous , au moment où la guerre est déclarée ! voilà qui prouve la confiance que l’on a en vous.
M. DE BERLAC.
Elle ne sera pas trompée. Ambassadeur à Constantinople !
Air : Connaissez-vous le grand Eugène.
Je pars : l’espoir me donnera des ailes ;
La Grèce attend , et les Russes sont la i Notre vaisseau franchit les Dardanelles;
A mon nom seul je vois fuir le pacha ;
Jusqu'à Stamboul j’arrive : me voilà !
( 11 fait un pas en avant, et, se posant avec dignité ; )
« Sultan Mahmoud, il faut que ça finisse ; n Résignez-vous , ou je repars soudain ;
« Vous entendrez la raison , la justice,
« Ou te canon de Navarin. »
FRÉDÉRIC
Ma voiture est en bas ; et il faut avant tout remercier le ministre qui nous attend , cl qui u’a rien à refuser.
DUFOUR Ct MADAUE PBESTO.
11 serait possible ! ah , monseigneur !
M. DE BERLAC, les regardant.
La girouette a tourné , le vent de la prospérité souffle de uouveau , et le roseau reprend son pli. ( Voyant qu’ils saluent. ) C’est ça , c’est ça , inclinez-vous ; je devrais vous abaisser plus eucore , mais ça n’est pas possible. Faites vos pétitions, je les présenterai.