‹ Œuvres choisies de E. Scribe 3Chapitre 161 sur 457 · SCÈNE XVIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVIII

DlIFOIR et MADAME PRESTO.

Ah! monseigneur ! (M. Dufour et madame Presto vont à la table à droite, et écrivcul leur pétition.)

U. DE BERLAC.

Et vous aussi, monsieur de Noirmont.

M. DE NOIRMONT

Vous net me connaissez pas, monsieur, et bientôt vous saurez ce que je pense.

M. DE BERLAC.

De la fierté, c’est bien.

M . DE NOIRMONT

Je prie seulement votre excellence de jeter les yeux sur ce mémoire. ( Ils se retirent un peu vers le fond, à gauche. Pendant que M. de Berlac parcourt le mémoire, Georges s’approche de Frédéric, et lui dit à voix basse : )

GEORGES

Ah çà , monsieur ! d’où nous vient celle ambassade !

FRÉDÉRIC , sc touchant le front.

De là ; j’ai vu Émilie , elle consent à un projet qui fait le bonheur de son père et le nôtre. Le ministre a tout appris; il nous secondera, et au moment de nous embarquer à Marseille, nous serons nommés à d’autres ambassades, et de capitale en capitale...

CEORGES.

Je comprends; nous voyagerons ainsi gaiement en famille.

FRÉDÉRIC

Tant que durera sa folie.

GEORGES

Oui , le tour de l'Europe !

M. DE NOIRMONT, à M. de Berlac, qui a fermé le mémoire.

\ous y voyez , monsieur, que je ne veux rien , que je ne demande rien au ministre.

M. DE BERLAC.

C’est trop juste, et vous êtes sûr de l’obtenir.

M. DE NOIRMONT

Mais vous allez courir des dangers, je demande à les partager, à ne point quitter l’ambassadeur.

• M. DE BERLAC.

Un pareil dévouement vous rend mon estime et ma faveur; je vous nomme secrétaire d’ambassade. »,»-

M. DE NOIRMONT

Ah , monseigneur !

LA MANIE DES PLACES

GEORGES , bas, à Frédéric,

Celui-là est incurable ; les douches n’y feraient rien , et je vous conseille de le laisser aller à Constantinople.

MADAME PRESTO , se levant et présentant sa pétition à M. de Berlac.

Voici ma pétition.

Dl'FOL'R , de oléine.

Voici la mienne.

M. DE BERLAC.

C’est bien; mais je vous ai entendu parler de procès: je n’en veux pas, je supprime les procès, les huissiers , les procureurs ; il faut que tout le monde se donne la main. (A Dufour. ) Donnez la main à madame (désignant madame Presto). (,\ Georges.) Vous, à mademoiselle ( montrant Juliette). ( A Frédéric et à M. de Noirmont.) Et nOUS aussi , (il leur donne la main ) là...

FRÉDÉRIC , à Georges.

Eh bien ! quel est le plus fou d’eux tous?

GEORGES, les regardant.

Je n’en sais rien; mais, à coup sur, (montrant M. de Berlac) ce n’est pas celui-là.

CHOF.l’R Fl S AL.

Air : Au marché qui vient de s’ouvrir.

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