SCÈNE III
GOBERVILLE.
La jeune fille s’est désolée, elle a pleuré. D’abord, elle ne voulait point croire aux lettres que je lui exhibais ; mais enfin , après les regrets, les larmes, le désespoir, la pauvre petite s’est sacrifiée delà meilleure grâce du monde; elle était gentille. ( Soupirant ridiculement.) Ah ! si je n’avais pas été marié, je vous aurais demandé la préférence.
LA DUCHESSE, s'éloignant de Goberville.
Me voilà plus tranquille, et maintenant elle peut compter sur ma protection.
( Elle s’approche de la table. Goberville s’approche du marquis. )
LE MARQUIS, bas, à Goberville.
Mon argent, fripon ?
COBERVILLE, de même.
Si vous saviez ce qu’il me coule ! voilà trois cents lo uis.
LE MARQUIS , SC rapprochant de sa mère.
Mon billet était de cinq cents.
LF. VICOMTE , à Goberville.
Et notre homme ?
GOBERVILLE , au vicomte.
Le sergent recruteur m'a chargé de vous dire que c’était une affaire faite. Racolé d’hier soir, il sera expédié demain pour sa garnison.
( Il passe à la gauche du vicomte. )
LA DUCHESSE
Ne vous éloignez pas , marquis; je passe avec Goberville dans mon cabinet, et j’aurai bientôt à vous parler, ainsi qu’à votre frère le chevalier, que je vois avec peine donner dans les idées nouvelles.
GOBERVILLE.
C’est un singulier jeune homme ; il affecte une sagesse , une réserve... pas un sou de dettes sur le pavé de Paris.
LE VICOMTE
C’est qu’il a quelques défauts cachés. Il faut que je le convertisse.
(La duchesse sort; Goberville la suit.)