SCÈNE XL
AGATHE
Eh bien! voulez -vous que nous essayions ensemble ce dernier duo d’Auber?
GUSTAVE
Si vous l’exigez, madame, je suis à vos ordres ; mais j’ai tant de choses à vous dire !
AGATHE
A moi ?
( Gourville sort du cabinet, et se tient dans le fond de l’appartement, où il entend la conversation.)
Gl'&TAVE.
Oui , je veux vous parler du sujet qui m’intéresse le plus au monde , et duquel dépend mon bonheur. Vous vous doutez bien, madame , qu’il s’agit de vous.
Je croyais que vous m’aviez promis tout à l’heure de garder sur ce chapitre-là le silence le plus absolu.
CUSTAVE.
Je vous le demande, est-ce possible? Oui, madame, parlez, exigez des preuves, des sacrifices. Vous'prétendez que j’aime le monde ; je l’abandonne pour vous , je renonce à Paris , à tous ses plaisirs. Les lieux que vous habitez seront désormais les seuls qui puissent me plaire, vos goûts seront les miens , vos ordres seront ma loi suprême ; et, pour prix de ma tendresse, je ne vous demande qu’une chose.
AGATHE
Et c’est?
GUSTAVE
De m’assurer que mon amour ne vous est pas indifférent.
AGATHE
En vérité , je l’ignore ; mais quand je le saurai , je vous promets de vous le dire.
CUSTAVE.
En attendant , puis-je espérer que vous ne répondrez pas à la demande de mariage que l’on vous a adressée ce malin ?
AGATHE
J’ai déjà répondu, ma lettre est écrite.
GUSTAVE
Et vous l’enverrez ?
AGATHE, souriant.
Peut-être ; tenez, elle est là-haut, dans mon appartement, sur
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mou bureau ; allez la chercher, et nous verrons ce qu’il faut en faire.
CUSTAVE, lui baisant la main.
Ah ! que je suis heureux!
( U entre dans l’appartement à droite. )