‹ Œuvres choisies de E. Scribe 3Chapitre 228 sur 457 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

les précédents ; DERNEVAL,-

C0BERV1LLE.

Mais , grâce au ciel , voilà aussi des nouvelles de noire arrondissement, mon neveu en arrive. En bien ! je suis nommé ?

DERNEVAL.

Non, mon oncle.

GOBER VILLE

Et qui donc ?

DERNEVAL.

Le général.

GOBER VILLE

Dans deux collèges à la fois... Et mes nombreux amis?

DERNEVAL.

Vous ont tenu parole ; car monsieur ne l’emporte que d’une ou deux voix.

COBERVILLE.

11 serait possible ! J’espère au moins , quoi que tu m’en aies dit hier, que j’ai eu la tienne ?

DERNEVAL.

Je vous en avais prévenu , et ne veux point vous tromper ; comme mon parent, mon bienfaiteur, je vous respecte, je vous aime; vous pouvez disposer de tout ce que je possède : mais de mon vote, de ma conscience , cela ne se pouvait pas.

COBERVILLE.

Eh bien! lu seras déshérité! Voilà ce qu’il y aura gagné.

LE GÉNÉRAL

C’est ce qui vous trompe , monsieur ; il n’y aura rien perdu.

COBERVILLE.

Que voulez-vous dire?

LE GÉNÉRAL, serrant b main à Dcrucval.

Que je ne punis point les enfants des fautes de leur père ; et que le mérite et l’honneur, partout où ils se trouvent, ont droit à notre estime. Oui, (montrant sa femme ) vous avez la nôtre, celle de mon neveu, qui renonce pour vous à tous ses droits; et si ma fille vous aime, quoiqu’il m’en coûte encore de renoncer à des idées qui m’étaient chères , je les sacrifie sans hésiter au bonheur de mes enfants.

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