‹ Œuvres choisies de E. Scribe 3Chapitre 239 sur 457 · MU. VISA · texte numérisé non relu

MU. VISA

Cette fois, c’est dans un but utile, une chasse aux renards : et vous viendrez , n’est il pas vrai , dans l'intérêt public?

M. m IIREUIL.

Dire que je ne peux rien lui refuser. ( Marie entre, suivie du dômestique qui porte un guéridon sur lequel est le déjeuner. ) Nous Verrons... Le déjeuner porte conseil ;... c’est pour cela que je voudrais bien le voir arriver.

M.VIUE.

Le voici , mon oncle.

M. DIBREL’IL.

Très-bien. Marie est une bonne fille , qui est toujours à son affaire.

MARIE, lui donnant les journauv.

De plus; voici vos lettres et vos journaux.

M. DU BRF.U1L , se mettant il table.

Plus tard, on ne peut pas faire tout à la fois.

BARENTUS , de meule.

Ne suis-je pas là? N’est-cc pas moi qui suis votre lecteur ordinaire?

M. DU BR El IL.

Vraiment, monsieur de Barcntin, vous êtes d’une complaisance... et de plus un homme universel; vous me lisez le matin, vous faites le soir ma partie de piquet...

( Ils se mettent à table dans l’ordre suivant : Darcnlin, Marie , M. Dubreuil ,

Malvina. )

MALVISA.

Ce ne sont pas les seuls services que monsieur vous ait rendus.

M. DUBREUIL

Non, sans doute; et je n’oublierai pas que, l’année dernière, il s’est exposé pour moi avec uue générosité...

BARENTIN

Je n’ai fait que mon devoir. ( A Marie, qui lui sert du thé.) Assez , assez de thé, je vous en prie. Ces spectacles de province sont si mal composés ;... des jeunes gens de si mauvais ton;... et défendre un vieillard respectable qu’on insulte est une cause si belle... (à Malvina ) Je vous demanderai un peu de sucre... que j’ai été trop heureux de venger vos cheveux blancs.

MALVINA

Et vous ressentez-vous encore de la blessure que votre adversaire vous a faite ?

260 malvina.

Heureusement.

Air de Turenne.

Oui , de ce bras je suis encor malade.

M. DLBREllL.

Et c’est celui, je crois m’en souvenir,

Que vous m’offrez toujours en promenade.

BARENTIN

C’est vrai ; mais, lier d’un si doux souvenir.

Chaque douleur est un plaisir.

MALVINA

A cet honneur il a droit de prétendre ;

Votre vieillesse à lui doit se lier,

Et sans crainte peut s’appuyer ' Sur .le bras qui sut la défendre.

Sur le bras qui sut la défendre.

BARENTIN

Mademoiselle a raison : l’idée seule de votre amitié peut compenser les chagrins qui ont assailli le matin de ma vie.

MARIE

A votre âge , déjà !

BARENTIN

Oui ; jeune encore, j’ai appris le malheur ; c’est même la seule chose que je sache complètement.

N’allez-vous pas lui rappeler de pareils souvenirs? Monsieur nous avait promis de lire les journaux, et les nouvelles sont si intéressantes !

MARIE

Surtout quand on est à cent lieues de Paris.

M. niBREllI..

Pour moi, depuis que les ennemis sont entrés en France, leur lecture me fait plus de mal que de bien. Je sais que la paix a été signée avec les monarques alliés, et que mon neveu Arved n’a été ni tué ni blessé ; je n’en demande pas davantage.

BARENTIN

Voici pourtant des documents, des ' détails historiques sur les affaires du mois dernier, entre autres, sur la bataille de Montereau.

MALVINA, demandant le journal à Barentin.

Ail! voyons, ( Barentin lui donne le journal. Elle lit. } « Un des régt-

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