ACTE I , SCÈNE IV
« ments d’élite, vivement pressé par l’armée autrichienne, avait ordre de se retirer, et défaire sauter tous les ponts. Déjà les ennemis paraissaient sur l’autre rive , et, quoique le feu eut été mis, la mine ne partait pas encore. On ordonne à un soldat d’y retourner, et, prêt à obéir à cet ordre périlleux, il s'arrête un instant. — « A quoi penses-tu? lui crie le comte Dubreuil, son colo- « nel. — A ma femme et à mes trois enfants. Adieu, mon colonel, « je vous les recommande. — Tu as raison, s’écrie le comte Du- « breuil en l’arrêtant, donne-moi, je suis garçon! » Et, saisissant la mèche enflammée, il s'élance sous une grêle de balles ; et quelques minutes après le pont avait sauté.
Et ce brave colonel, que lui est-il arrivé? en est-il revenu?
MALVIXA.
On n’en dit rien; mais, s’il a péri, je ne m’en consolerai jamais.
fiAREXTIX.
Y pensez- vous?
MALYIXA.
Oui, monsieur; cela est si beau, si généreux... Sur un trait pareil, j’adorerais le comte Dubreuil. ( Ils se lèvent ; le domestique emporte le guéridon. )
BtREXTIX.
L’adorer ? C’est un peu fort ; et je vous conseillerais de vous en tenir à l’admiration, ce qui est bien assez.
M. DUBREUIL
Mais attendez donc... Dubreuil... il me semble que ce nom-là... ce doit être un de nos parents... il est vrai qu’excepté mon neveu Arved, ils sont tous dans le commerce.