ACTE 1, SCÈNE VIII
Jl. blBUElIL."
Tu entends bien que mon dessein est de l'établir , de lui donner une dot convenable ; mais avant tout , et en ma qualité d’oncle , j’ai d’abord été aux informations, ce qui était assez difficile à cause du mystère dont s’enveloppait ce M. de Barentin. Cependant , comme il prétendait avoir servi dans les gardes d’honneur, j’ai pris des renseignements à ce sujet ; et ceux que je viens de recevoir ce malin sont très-incomplets. On croit qu’il est d’une bonne famille de llouen , qu’il avait autrefois une belle fortune , qu’il a perdue... Comment ?... c’est ce qu’on ignore ; car on ne sait même pas si Barentin est son véritable nom ; et tout cela ne me plaît pas beaucoup.
Peut-être l’a-t-on calomnié.
M.' DIBRECIL.
Et comment s’en assurer?
ARVED, prenant la lettre.
Je m’en charge , donnez , donnez ; j’ai dans un de mes régiments deux compagnies entières qui sont de Ja Seine-Inférieure, des jeunes gens de Rouen ; je vais écrire , et dans peu vous aurez les renseignements les plus exacts. . . T out le monde se connait en province.
M. DtBRElIL.
En attendant , je crois convenable de le prévenir avec égards , car je lui en dois , que nous attendons du monde , des amis à toi... Enfin des phrases très-polies, qui lui permettent de retourner à la ville , sauf à le rappeler plus tard.
ARVED.
Certainement; et s’il est digne de ma cousine, eh bien , mou oncle , il faudra les marier ; quoique , je ne vous le cache pas , cela me fasse un peu de peine.
M. DCBREUIE.
Quand tu auras vuMalvina, tu n’y penseras plus; elle est si jolie!... Et tiens... tiens, regarde-la donc.
( U remonte le théâtre, et montre à Arved Malvina , qui eutre par la porte à
gauche. )
■ ARVED.
Vous avez raison , mon oncle ; il est impossible d’être plus belle et plus séduisante.
MAL VIN A
M. DIBRF.UIL.
Je te le disais bien : courage ; mon garçon ; courage , mon gendre.