ACTE I, SCÈJiE
SALSBACU.
Mais sou üls ?
MADAME BARNECK.
Son fils, revenu depuis peu de ses voyages, doit se présenter aujourd’hui pour exécuter la sentence.
SALSBACU.
Il parait que ce n’est pas de trop bonne grâce.
-Àr» ■> '
MADAME BARNECK.
Oh! vous n’avez pas d’idée de tout ce qu’il a fait pour nous échapper, jusqu’à nous menacer de se brûler la cervelle.
SALSBACU.
Vraiment !
MADAME BARNECK.
Toutes les chicanes possibles ! Mais il n’y a pas moyen pour lui de se soustraire ni à l'arrêt ni à la noce; car, grâce au ciel, il y est contraint , et par corps.
SALSBACU.
C’est bien.
MADAME BARNECK.
Je n’ai pas besoin de vous dire que le procès a etc jugé à buis clos, et que, dans d’intérêt même de ma nièce, je n’ai pas laissé ébruiter l’affaire. Une seule chose me contrarie , c’est l’indifférence de Louise. Elle ne sent pas comme nous le plaisir de la vengeance. Vous ne croiriez pas que ce malin elle ne voulait pas entendre parler de ce mariage ; et voyez où nous eu serions si le refus venait d’elle. Heureusement que vous voici , et je compte sur vous pour la décider à être baronne.
SALSBACU.
Soyez tranquille.
MADAME BARNECK.
Mais j’entends déjà les voitures ; sans doute nos jeunes gens. Bravo ! courons à ma toilette.
SALSBACU.
Comment ? du monde ?
MADAME BAHNECK.
Eh oui ! Vous ne savez pas ! M. de Malzen avait demandé , pour se sauver une humiliation , que le mariage se fit sqns bruit , sans témoins.
ÜIS
LOUISE
Air de ma Tante Aurore.
Mais je ne lui fais pas de grâce :
Il craint l’éclat , et sans façons ,
Moi j'ai fait inviter en masse Tous les nobles des environs.
Quel dépit quand on va lui faire Des compliments à l’étourdir !
Et puis au bal quelle colère !
Avec lui je prétends l’ouvrir.
s.vlsiucfi.
Vous danserez !
MADAME BAllN'ECK.
Ab, quel plaisir !
A quinze ans je crois revenir.
La vengeance fait rajeunir.
Ah, quel plaisir !
(Elle rentre dans son appartement. ) SALSBACH.
Elle en perdra la tète , c’est sûr. Quant à sa nièce, je vais...