ACTE II, SCÈNE VII
MADAME BARNECK.
Nous plaiderons.
SALSBACH.
C’est là ce qu’il faut faire.
TOUS
Nous plaiderons !
SALSBACH , à part.
Quel bonheur je ressens!
( Haut. ) ( A part. )
Un bon procès! En voilà pour longtemps.
SIDLER.
C’est son mari !
MADAME BARNECK.
Non pas!
SALSBACH.
La cause est neuve !
Avant qu'un arrêt solennel Ait décidé ce qu’il est; grâce au ciel ,
Elle aura le temps d’êlre veuve.
LOUISE , tremblante.
Ma tante , je vous en supplie...
MADAME BARNECK , en colère.
C’est qu’on n’a jamais vu un pareil caractère ; il a fallu un jugement pour le marier, il en faut un pour le séparer, il en faudrait peut-être... Nous l’obtiendrons, monsieur, nous l’obtiendrons; et dès demain, je présenterai requête. ( A Salsbacb. ) Monsieur Salsbach !
SALSBACH , passant auprès de madame Barncck.
Je suis prêt, madame; mais il y aurait peut-être moyeu d’arranger à l’amiable...
MADAME BARNECK.
Du tout, je veux plaider; et en attendant, j'espère, monsieur, que vous allez vous retirer. Il est nuit , votre cheval est sellé depuis longtemps.
MALZEN.
Il attendra; car je ne partirai pas sans avoir parlé à ma- femme.
A votre femme !
SALSBACH.
Votre femme, provisoirement, c’est vrai, mais on verra.
MALZEN.
Tant que durera le procès , vous ne pouvez pas empêcher que je ne sois son mari ; et j’ai bien le droit...
LOUISE
MADAME BARNECK.
Vous u’en avez aucun.
Je lui parlerai.
Malgré moi ?
MALZE.N.
MADAME BARNECK.
MALZEN.
Malgré tout le monde. (Avec force.) Je suis ici chez elle, chez moi, dans la chambre de ma femme; et nul pouvoir ne m'en fera sortir. ( Il s’assied sur une chaise à gauche. )
MADAME BAllNECK, s’approchant de Louise, qui a l’air de se trouver mal.
Qu’as-tu donc, Louise?
Air : Sortez , sortez ( de la Fiancée ).
O ciel ! la pauvre enfant ! la force l'abandonne.
MALZEN, courant à cite.
Malheureux que je suis !
MADAME BARNECK.
Sortez, je vous l’ordonne!
Monsieur, voulez-vous dans ces lieux La voir expirer à vos yeux 1
Ensemble.
MADAME BARNECK. \
Sortez , ou bien j’appellerai.
Il sortira , je l’ai juré.
SALSBACU, à Malzen.
Sortez, mon cher, je vous suivrai;
Faites les choses de bon gré.
SIDLER.
Sortons , mon cher, et de bon gré ;
C’est moi qui vous consolerai. „
MALZEN.
/ Puisqu’il le faut , j’obéirai ; ,
Mais dans ces lieux je reviendrai.
( Salübach et Sidler emmènent Malzen. Tous les trois sortent par ta porte à
gauche. )