‹ Œuvres choisies de E. Scribe 3Chapitre 329 sur 457 · ACTE II, SCÈNE Xlf · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE Xlf

( iu gardant à terre.) Et les morceaux de celte lettre que l'on pourrait trouver! (Elle les ramasse, et les regarde.) Quatre pages ! monsieur Salsbach a dit vrai , les voilà. Comment m’a-t-il écrit quatre pages?... qu’est-ce qu’il a pu me dire? à moi ! (Elle lit.) « Louise... » C’est sans façon! Comment! m’appeler Louise tout uniment! ( Lisant avec émotion. ) « Louise, vous devez me haïr, et je ne puis « vous dire à quel point je me déleste moi-même! Avoir méconnu « tant de charmes, tant de vertus ! Ma vie entière suffira-t-elle pour « expier mes injustices? » (S'interrompant.) Oh, non! sans doute. (Lisant.) « J’ai vu notre enfant. Avec quelle émotion, quel bonheur, « j’ai retrouvé dans ses jeunes traits ceux d’un coupable! » (Avec un air de satisfaction. ) C’est vrai, il lui ressemble. (Elle lit.) « Les « miens finiront , j’espère, par vous paraître moins odieux, en « regardant souvent votre fils. Jenepuisexprimercequej’éprouve « depuis une heure; j’ai mille choses à vous dire, il faut absolu- « ment que je vous parle. Je sais qu’il y va de ma vie, mais je « brave tout ; et dussé-je périr sous vos yeux... » (On cutcnd un coup de fusil dans le jardin. ) Qu’entcnds-je ! Ah, le malheureux ! il aura été aperçu ! ( Elle court à la fenêtre à gauche , l’ouvre précipitamment pourvoir ce qui sc passe , et aperçoit Malien sur le balcon. )

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