SCÈNE XIX
vous le prouver, soyez ma femme , ma compagne , mon amie : daignez accepter ma main.
AGATHE
Qui ? vous , mon mari ! Vous ignorez donc , monsieur, que je n’ai presque rien , que la fortune que j’attends est au moius incertaine : et vous... seul héritier d’un oncle aussi riche , vous qui avez de si belles espérances.
GUSTAVE
Ah! que je suis heureux ! il est donc un sacrifice que je puis vous faire, une preuve d’amour que je peux vous donner.
Mais votre oncle daigncra-t-il y consentir ?
GUSTAVE
Sans hésiter ; il voulait d’abord nous marier, et il n’y a renoncé que parce qu’il a cru que vous ne m’aimiez pas.
AGATHE
Lui , au contraire : il voulait nous unir, et il n’a changé d'idée que parce qu’il a cru que vous me trompiez.
GUSTAVE
Il était comme nous , il était dans l’erreur.
AGATHE
I) s’abusait sur nos véritables sentiments.
GUSTAVE
Ce cher oncle ! quelle sera sa joie !
AGATHE
Mais où donc est-il ?
( On entent! un grand bruit de voiture. )
GUSTAVE
Tenez, le voilà qui revient en berline. (Allant à la fenêtre , et criant.) Mon oncle , mon oncle, montez vite ! ( A Agathe.) Par amitié , par intérêt pour moi , il voulait m’arracher de ces lieux ; et ne pouvant me soustraire à son active surveillance , pour le faire sortir, lui, de la maison , et vous , de votre appartement , j’ai imaginé à ('improviste de l’envoyer promener pendant quelques instants.