‹ Œuvres choisies de E. Scribe 3Chapitre 357 sur 457 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

CERVAULT.

Comme vous êtes difficile ! vous qui d'ordinaire n’y regardez pas.

• ' DENNEVILLE.

C’est qu’aujourd’liui , mon ami , aujourd’hui il s'agit de plaire à ma femme.

CERVAULT.

Il serait possible !

DENNEVILLE.

Et je te demande pardon si je ne suis pas à la conversation , c’est que dans ce moment je fais des vers pour elle.

CERVAULT.

Des vers ! Je n’y puis croire encore.

DENNEVILLE.

Ce n’est pas sans peine. Que le diable les emporte ! ( Il continue et cherche des vers. )

O jour heureux ! jour dont la souvenance...

( Il va s’asseoir devant la table, et écrit à mesure qu’il compose. ) r D’un doux émoi...

Dieu! quel ennui!

D’un doux émoi fait palpiter mon cœur..

Oui, mon cœur ! joliment. (.Cherchant.)

Jour dont la souvenance....

( A Gervault. ) Voyons, donne-moi une rime eu ance.

CERVAULT.

Échéance.

Allons donc ! Ah ! m’y voici.

Toi dont 1 amour... dont la tendre constance...

CERVAULT.

A merveille.

DENNEVILLE.

Dont la tendre constance...

La coquette! qui ce matin encore... C’est égal...

Dont la tendre constance...

Ont d’un époux assuré le bonheur.

\ oilà toujours quatre vers de faits ; mais j’ai sué sang et eau.

CERVAULT, regardant scs mouvements agites.

Je ne sais pas comment font les autres poètes ; mais je puis

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dire que pour ce qui est des vers , vous les faites d’une furieuse maniéré.

DENNEVILLE.

J'entends ma femme, laisse-nous.

CERVAULT.

Tâchez de ne lui parler qu’en prose , car vous lui feriez peur.

DENNEVILLE, à pari.

Allons , tenons-nous sur nos gardes.

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