ACTE I, SCÈNE
comte de Villevallier, mon neveu , s’il était ici... Pourquoi n’y estil pas? Pourquoi , depuis un an , nous laisse-t-il seules en ce château ?
BALTnASAK.
Si mon maître le fait , c’est qu’il a ses raisons.
MADAME DARMENTIÈRES.
Vous les connaissez donc?
BALTHASAR
Non : mais elles ne peuvent être que justes et convenables.
Air : Au temps heureux delà chevalerie.
Voilà pourquoi |e pense au fond rie l’àme Que votre niée1 peut bien, ainsi que vous,
Aveuglément, et sans craindre de blâme ,
Se conformer aux ordr’s de son époux.
Sans qu'ma raison ou mon cœur réfléchisse ,
Tout c’qu'il commande , à l'instant je le fais ,
Car je suis sûr, pour peu que j'obéisse ,
D’reudre un service, ou d’répandr’ des bienfaits.
MADAME DARMENTIÈRES.
11 suffit... Avez-vous été ce matin à la ville? Avez-vous fait les commissions de ma nièce ?
BALTHASAR
Oui, madame.
Y avait-il des lettres pour nous?
BALTHASAR
Plusieurs : ainsi que les journaux... Pardon , je les ai là.
MADAME DARMENTIÈRES.
Et vous ne me les avez pas données !... Où avez-vous la tète ? à quoi penseZ-VOUS? ( Elle prend le» lettres, en ouvre une. ) Dieu ! l’écri— ture de mon neveu !
BALTHASAR
C’est de lui , madame?... Madame , se porte-t-il bien?
MADAME DARMENTIÈRES, lisant.
Certainement.
BALTHASAR
11 ne lui est rien arrivé ?
MADAME DARMENTIÈRES, de même.
Du tout.
UNE FAUTE
BALTHASAR
Dieu soit loué !... Ah ! que vous êtes bonue !... Et apres, ma* dame, après ?... qu’est-ce qu'il dit ?