SCÈNE X
LÉONIE , puis GRINCHEUX et JOSÉPHINE.
LÉONIE
Il me fuit,... il me quitte... O mon Dieu! quel sort m’attendait!... quel avenir m’était promis !... et que de bonheur détruit pour une seule faute !... (Vivement. ) On vient... (S’essuyant les ycui.) Pour lui , pour son honneur, cachons mes larmes. ( Affectant un air riant. ) Ah ! c’est Joséphine et son mari !
GRINCHEUX, tenant Joséphine sous le bras.
Oui , ma femme ; je suis le plus heureux des hommes , et t’aime plus que jamais.
Et pourquoi?
GRINCHEUX
Pourquoi?... Je n’ai pas besoin de te le dire... Mais tout lo monde le saura , à commencer par madame la comtesse , parce que c’est devant elle que j’ai pu te soupçonner.
LÉONIE
Que dites-vous ?
GRINCHEUX
Oui , madame... Malgré ce que vous m’avez dit , j’avais des inquiétudes,... parce qu’il y aun petit blond, un commis marchand, qui suit ma femme partout... Moi alors je la suivais aussi; de sorte que tous les trois nous ne nous quittions pas... 11 rodait depuis ce matin dans le parc, à l’entour du gros tilleul... Trois fois il a été regarder dans le creux de l’arbre... Et moi , caché dans lo feuillage, j’étais là à l’affût , lorsque j’ai vu arriver madame Griucheux , qui mystérieusement a jeté une lettre, et s’est enfuie... Or , cette lettre, quoiqu’elle ne fût pas à mon adresse...
( 11 fail signe île briser le cachet. )
JOSÉPHINE
O ciel !
GRINCHEUX
Air : Va, d’uiic science inutile.
J’ai lu... d’joie encor j’en suis ivre ,
Qu'ell’ lui (lisait , pour premier point,
D’ cesser d’i’aimer et d’ la poursuivre.
Attendu qu’il’ ne l’aimait point. -.