HORTENSE, GEORGE
HORTENSE
Je meurs d’inquiétude... Mon mari... Il faut que je le voie... O ciel ! c’est George! (Tombant sur un fauteuil près de la table.) Mon Dieu! que devenir !
GEORGE, courant à elle.
Ma tante , qu’avez-vous ?
HORTENSE
Rien, monsieur ; je ne demande rien , qu’à être seule.
GEORGE
Puis-je vous laisser dans l’état où je vous vois ?
HORTENSE, s’efforçant de sourire.
Rassurez-vous , je ne souffre pas ; je venais d’avoir avec votre oncle une explication où moi seule j’avais tort, sans doute.
GEORGE
Je ne pense pas.
HORTENSE, étonnée.
Et qui vous l’a dit?
GEORGE
Lui-même , qui me confiait tout à l’heure le sujet de ses peines.
A VOUS... O mon Dieu ! (Se reprenant, et cherchant à cacher son trouble. ) J’espère , George , que , connaissant comme moi le caractère de votre oncle , que sa vivacité emporte souvent loin des justes bornes, vous n’ajouterez pas foi à des idées dont lui-méme reconnaîtra bientôt la fausseté.
GEORGE
Je ne crois rien , sinon que vous méritez les respects du monde