‹ Œuvres choisies de E. Scribe 3Chapitre 453 sur 457 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

entier, et que vous êtes ce que la vertu a créé de plus noble et de plus parfait.

HORTF.NSE.

Je ne mérite point de tels éloges.

CEORCE.

Et mille fois plus encore.

ftORTENSE.

El d’où le savez-vous?

CEORCE.

Tout le dit , tout me le prouve ; et , bien différent de ce que j’étais ce matin , je tenterai désormais , non de vous égaler, c’est impossible , mais du moins de vous suivre et de vous imiter.

HORTENSE

Que dites-vous?

CEORCE.

Que je puis mourir maintenant : j’ai épuisé en un inslant tout le bonheur que je pouvais éprouver sur terre. Je n’ai plus rien à envier, rien à désirer. Diles-moi seulement que mon cœur a deviné le vôtre.

HORTENSE , effravcc , se levant.

Ah! je me serai trahie!

CEORCE.

Non , votre secret est à vous ; il vous appartient , vous n’avez rien dit, je ne sais rien, et j’ai pu m’abuser sans doute encore, tant que votre bouche n’a pas détruit ou confirmé mes soupçons ; mais quoi que vous prononciez , j’oublierai tout, je vous le jure , tout, excepté l’honneur et la reconnaissance.

HORTENSE

Eh bien! prouvez-le-moi.

CEORCE.

Soumis à vos ordres, je les attends.

HORTENSE

Vous me disiez ce matin : « Si j’étais aimé, je fuirais à l’autre bout du monde. »

CEORCE.

Je l’ai dit; c’est vrai.

HORTENSE

Eh bien ! partez.

ceorce , voulant se précipiter vers elle.

Ah! qu’ai-je entendu!

LA FAMILLE RIQUEBOURG.

HORTENSE , l’arrêlant de loin.

Pas un mot de plus. Je connais mes devoirs; vous connaissez les vôtres. Quoi que j’ordonne , vous m’avez promis d’obéir, et si vous hésitiez un instant, vous ne seriez plus à craindre pour moi.

GEORGE

J’obéirai. 11 n’est point de sort si rigoureux que je n’affronte. J’ai maintenant du bonheur pour toute ma vie. C’est mon oncle !

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