SCÈNE V
CHAVJGNI, seul.
Cet homme, assurément, n'aime pas la peinture. Moi qui croyais avoir arrangé tout pour le mieux... il paraitrait que j'ai fait une gaucherie; et me voilà en hostilité ouverte avec la Saxe. S’il exécute ses menaces, pour qui me prendra-t-on? Pour un intrigant qui est venu se jeter au milieu de leurs secrets. Ma foi , le moyen le plus court qui me reste de sortir d’embarras serait de partir, et de les laisser s’expliquer entre eux. Partir! et sans savoir pourquoi , et sans réparer mon imprudence ; car il parait que , sans le vouloir, j’en ai fait une, et que j'aurais mis dans un grand embarras cet excellent prince auquel je suis tout dévoué , par reconnaissance d’abord , et , s’il faut le dire, par curiosité; car, malgré moi, je m’intéresse maintenant à notre entreprise, celte entreprise que je ne connais pas , etoii je joue le principal rôle... D’un autre côté, ma contredanse avec dona Isabelle.
Air : Amis, voici la riante semaine.
O toi, mon guide et mon dieu tutélaire,
Puissant hasard , ma sagesse et ma loi !
Viens m’inspirer , dis-moi ce qu’il faut faire.
Eti mais! quel bruit! C’est l’orcbestre , Jecroi.
J’entends d’ici le violon sonore;
C’est décidé, je ne dois pas partir,
El ce conseil que du hasard J’implore ,
C’est le plaisir qui vient de me l’offrir.