ACTE I , SCENE IV
OLIVIER, allant à lui, et lui prenant la main.
Je te reconnais là.
DORBEV.U..
Et me l'avoir laissé ignorer !... Je n'ai plus qu'un désir, c'est de ni'acquitter avec toi ; et j'en trouverai les moyens. Oui , mes amis, oui , quoi qu'on en dise , la fortune n'a point gâté mon cœur ; je suis toujours avec vous ce que j'étais autrefois : un bon enfant , et pas autre chose. Si avec d'autres , parfois, je suis un peu orgueilleux, un peu... fat , puisque l'épithèteest connue , c'est que dans ma position il est bien difficile de résister au contentement de soimême. On peut s'aveugler sur son esprit , mais non sur ses écus. Ils sont là dans ma caisse : un mérite bien en règle , dont j'ai la clef; et quand on peut soi-même évaluer ce qu'on vaut à un centime près , ce n'est plus de l'orgueil, c'est de l'arithmétique.
POL1GM , riant.
Il a raison; il faut de l'indulgence.
DOBBETAL.
C'est ce que je dis tous les jours : il faut bien nous passer quelque chose à nous autres pauvres riches. Mais il y a des gens intolérants : ceux surtout qui n'ont rien; ils ont tort.
OLIVIER
Très-grand tort ! Il faudrait pour bien faire que tout le monde fût millionnaire.
DORBEVAL.
Voilà comme j'entends l'égalité. Ah ça! qu'est-ce que nous faisons aujourd'hui ! Je vous tiens , je ne vous quitte pas : nous passons la journée ensemble.
l'OLK.M.
Je ne demande pas mieux.