‹ Œuvres choisies de E. Scribe (volume 2)Chapitre 145 sur 639 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

CHRISTINE, GŒLLHER; RANTZAU, entrant par la porte du fond;

KOLLER

COELHER, courant à lui avec empressement.

Ah , monsieur le comte ! venez rassurer mademoiselle , qui est dans un effroi ! ... J'ai beau lui répeter que ce ne sera rien ; elle est tout émue, toute troublée.

RANTZAU, froidement et le regardant.

Et vous partagez bien vivement ses peines;... cela doit être: un amant bien épris. (Apercevant Koller.) Ah! vous voilà, colonel ?

KOI.LER.

Je viens prendre les ordres du conseil. goeluer, virement Qu'a-t-il décidé?

RANTZAU, froidement.

On a beaucoup parlé, délibéré; Struensée voulait qu'on entrât en arrangement avec le peuple.

G0ELHER, vivement et avec approbation.

Il a raison! pourquoi i'a-t-on mécontenté?

RAHfflAl .

M. de Falkenskield, qui est pour l'énergie, voulait d'autres arguments ; il voulait faire avancer de l'artillerie.

GOELUER, de même.

Au fait! c'est le moyen d'en Unir; il n'y a que celui-là.

RAM/ vi .

Moi , j'étais d'un avis qui a d'abord été généralement repoussé, et qui forcément a fini par prévaloir.

kOEEER, CHRISTINE et Coll. Il I I! .

Et quel est-il ?

i;\M/\u, froidement.

De ne rien l'aire... C'est ce qu'ils font.

<.<>! I HCR.

Ils n'ont peut-être pas tort, parce que , enfin , quand le peuple aura bien crié...

R Wi/V, .

Il se lassera.

ACTK III, SCLNE III. |4|

COELIII li.

C'est ce que j'allais due.

UUB.

Il fera comme ce matin.

I \mz\i ;, i asseyant.

Oh , mon Dieu, oui!

<;ofi.hfi;, se rniwt, N'est-il pas vrai?... Il brisera les vilres , et voilà tout.

KOI.I.KR.

C'est ce qu'ils ont déjà fait à tous les hôtels de* ministres, (a Gfplhcr) ainsi qu'au votre, monsieur.

COF.LIIF.lt.

Eh bien! par exemple!

l'.WT/u .

Quant au mien, je suis tranquille; je les en défit bien.

COF.LHF.R.

Kt pourquoi cela ?

Parce que, depuis la dernière émeute, je n'ai pas fait remettre un seul carreau aux fenêtres de mon hôtel. Je me suis dit : Ça servira pour la première fois.

CBMMUB, écoutant près de h fenêtre.

Cela se calme, cela s'apaise un peu.

conuna.

.T'en étais sur! Il ne faut pas s'effrayer de toutes ces clameurs- 1 1. EU qu'en dit mon oncle le ministre de la marine?

ItVNTZ vu, froidement.

Nous ne l'avons pas vu. (Avec ironie.) Son indisposition, qui n'était que légère, a pris depuis les derniers troubles un caractère an / grave. C'est comme une fatalité; dès qu'il y a émeute, il est an lit, il est malade!

Ml I nr.H, avec intention.

Kt vous, vous vous portez bien?

l;\\i/vi , souriant.

C'est peut-être ce qui vous fâche. Il y a des gens que ma santé met de DO .uvaisc humeur et qui voudraient me voir à l'extrémité.

(.ni I IIUl.

Eh ! qui donc ?

i:\mzu , toujours aana et d'un air gogmMrd* Eh m lia p if exemple, ceux qui espèrent hériter de moi.

m BERTRAND ET RATON.

GOELHER.

Il y en a qui pourraient hériter de votre vivant.

HANTZ u , le regardant froidement.

Monsieur de Gœlher, vous qui, en qualité de conseiller, avez fait votre droit, avez-vous lu l'article 302 du Code danois?

GOELHER.

Non, monsieur. -

RANTZAU, de même.

Je m'en doutais. Il dit qu'il ne suffit pas qu'une succession soit ouverte, il faut encore être apte à succéder.

GOELHER.

Et à qui s'adresse cet axiome ?

RANTZAU, de même.

A ceux qui manquent d'aptitude.

GOELHER.

Monsieur, vous le prenez bien haut !

RANTZAU, se levant et sans changer de ton.

Pardon!... Allez-vous demain au bal de la reine?

GOELHER , avec colère.

Monsieur !

RANTZA1 .

Dansez-vous avec elle?... Les quadrilles sont-ils de votre composition?

GOELHER.

Je saurai ce que signifie ce persiflage.

RANTZAU

Vous m'accusiez de le prendre trop haut î... Je descends ; je me mets à votre portée.

GOELHER.

C'en est trop !

CHRISTINE, prèj de ta croisée.

Taisez-vous donc! je crois que cela recommence. 001 i.iii.k , avec effroi et remontant le théâtre. Encore! 1-M-cc que cela n'en finira pas'... c'est insupportable !

CHRtSTOtl .

Ah, mon Dieu! tout est perdu!... Ah! mon pore!...

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