ACTE III, SCENE X. (M
cœur ; nous ne nous verrons plus , nous serons séparés ; mais vous saurez du moins que vous n'êtes pas seul à souffrir, et que, ne pouvant être à vous, je ne serai à personne.
ÉRIC , avec joie.
Ah ! je ne puis y croire encore.
Partez maintenant... Depuis trop longtemps déjà vous êtes en ces lieux ; n'exposez pas les seuls biens qui me restent, mon honneur, ma réputation; je n'ai plus que ceux-là, et, s'il fallait les perdre ou les voir compromis,... j'aimerais mieux mourir!
ÉRIC
Et moi , plutôt perdre la vie que de vous exposer au moindre soupçon ; ne craignez rien , je m'éloigne. ( 11 ouvre la porte à droite, par laquelle il est entré. ) 0 ciel ! il y a des soldats au bas de cet escalier.
CBR1STIM .
Des soldats !
l me, montrant la porte du fond.
Mais par ici du moins...
CHRISTINE, le retenant.
Non pas; entendez- VOUS ce bruit? (Écoutant près de la porte au
fond. ) On monte;... c'est la voix de mon père,... plusieurs voix lui répondent... Ils viennent tous,... et si l'on vous trouve ici, seul avec moi , je suis perdue ! . . .
ÉRIC
Perdue !...ohnon! je vous en réponds aux dépens de mes jours.
( Montrant la porte à gauche. ) Là.
CHRISTINE
0 ciel ! mon appartement !
( La porte s'est refermée; Christine entend monter par la porte du fond; elle s'élance vers la table à gauche, y prend un livre et s'assied.)