ACTE V, SCÈNE III
qu'ils parlaient , et mon père m'a trompée ! ( A Marthe. ) Il est condamné?
MARTIir.
Oui, mademoiselle... Struensée a signé, la reine a signé : concevez-vous cela? Elle est mère cependant!... elle a un fils !
uit.istim:.
Hemettez-vous!... tout nV>t pu perdu; j'ai encore de l'espoir.
Et moi je n'en ai plus qu'en vous !... Mon mari a des projets qu'il ne veut pas n'expliquer ; je ne devrais pas vous dire cela : mais vous, du moins , vous ne me trahirez point ; en attendant, il n'ose se montrer, il se tient caché ; ses amis n'arriveront pas, ou arriveront trop tard,... et moi, dans ma douleur, que puis-je tenter.1 (pie puis-je faire?... S'il ne fallait que mourir,... je ne vous demanderai! rien, mon fils serait déjà sauvé. J'ai couru hier soir pii>on, j'ai donné tant d'or qu'on a bien voulu me vendre le plaisir de l'embrasser ; je l'ai serré contre mon cœur, je lui ai parlé de mon désespoir, de mes craintes!... Hélas!... il ne m'a parlé que de vous.
CHRISTINE
Éric!...
■ABXHB.
Oui, mademoiselle, oui, l'ingrat, en me consolant, pensait
encore à vous. « J'espère , me dirait-il , qu'elle ignorera mon sort ,
« qu'elle n'en saura rien ;... car heureusement, c'est de grand ma-
« tin, c'est au point du jour... »
cin.iHiM .
Quoi donc?
m un m: , irec égarement.
Eh bien! est-ce que je ne vous l'ai pas dit?... est-ce que vous ne l'avez pas deviné à mon désespoir?... C'est tout à l'heure, c'est dans quelques instants qu'ils vont tuer mon fila!...
(IIIU.VUM .
Le tuer!...
MVRIIII .
Oui, oui, c'est là, sur cette place, sous vos fenêtres, qu'ils \ont le traîner». i Alors, dans le délire, dans la lièvre où j'étais, je me suis arrachée de ses bras ; et , loin de lui obéir, je suis accourue pour vous dire : Ils vont le tuer!... défeiulrz-le ! Mais vous n'étiez paj ici,... et j'attendais... Ah, quel supplice!... et (pie j'ai
souffert on comptant les instants de cette nuit que mes vœux désiraient et craignaient d'abréger!... Mais vous voilà, je vous vois; nous allons ensemble nous jeter aux pieds de votre père , aux pieds t!, la reine, nous demanderons la grâce de mou fils.
CHRISTINE
Je vous le promets.
MARTHE
Vous leur direz qu'il n'est pas coupable ; il ne Test pas , je vous le jure; il ne s'est jamais occupé de révolte ni de complots; il n'a jamais songé à conspirer; il ne songeait à rien qu'à vous aimer!...
CHRISTINE
Je le sais, et c'est son amour qui l'a perdu. C'est pour moi, pour me sauver, qu'il marcherait à la mort!... oh non!... ça ne se peut pas... Soyez tranquille, je réponds de ses jours.
MARTHE
l-M-il possible!
CHRISTINE
Oui, madame, oui, il y aura quelqu'un de perdu, mais ce ne Bera pas lui !
MARTHE
(,)ue voulez-vous dire ?
CHR1STIM .
Rien!... rien!... Retournez chez vous, partez; dans quelques instants il aura sa grâce, il sera sauvé!... Fiez-vous-en à mon z» le.
MARTHE, hésitant.
M us cependant...
CHRISTIM .
A ma parole,... à mes serments.
IASTBB de môme.
Mais*..
CIIRIMINE , hors dMlc-memc.
Eh bien!... à ma tendresse!... à mon amour!... Me croyez-vous maintenant?
m \ in mi: , irec éton&cflsent, 0 dd !.. oui, mademoiselle , oui , je n'ai plus peur. (Poussant
in. ( 1 1 ru montrant la croisée. ) Ail ! ...
(IIIIIMINE.
Qa'eres-vous?