‹ Œuvres choisies de E. Scribe (volume 2)Chapitre 197 sur 639 · ACTE V, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE V

vos jours; et je lui crierai : Grâce, madame!... sauvez Éric, et surtout sauvez mon père !

i \l M NSKIELD, la reteoaut par la main.

Non ! vous n'irez pas'... vous ne sortirez pas d'ici !

Christine, effrayée.

Vous ne voudrez pas , je pense , me retenir par la force 9

I \I KBH8KIELD.

Je veux , malgré vous-même , vous empêcher de vous perdre , et vous ne me quitterez pas...

(Il va feruiirr la porte du fond. Christine le suit pour le retenir; mais elle

jelte lts yeux sur la croisée, et pousse un cri. )

CHRISTINE

O ciel! voici le jour, voici l'instant de son supplice; si vous tardez encore , il n'y a plus d'espoir de le sauver; il ne nous restera plus rien,... rien que des remords. Mon père! au nom du ciel et par vos genoux que j'embrasse , ma lettre ! ma lettre !

KM.KF.NSK1ELD.

Laissez-moi,... relevez-vous.

r.MIUSTINE.

Non , je ne me relèverai pas ; j'ai promis ses jours à sa mère ; et quand elle viendra me demander son fils , que vous aurez tué, et que j'aime... (Mouvement de rolère de FalkeoskîeM. Christine se relève meaeul ) Non , non , je ne l'aime plus,... je l'oublierai,... je manquerai à mes serments... j'épouserai Gœlher... je vous obéirai... (Poussant un cri.) Ah! ce roulement funèbre, ce bruit d'armes qui a

retenti (Courant à la croisée à gauche.) Des soldais s'avancent et

entourent un prisonnier; c'est lui! il marche au supplice ! ma lettre! Ma lettre! il est peut-être temps encore! ma lettre !

FÀLKFNSMFl.n.

J'ai pitié de votre déraison, et voilà ma seule réponse. ( Il déchire la lettre. )

CHRISTINE

Ah, c'en est trop! votre cruauté me détache de tous les liens qui m'attachaient à \ ous. Oui , je l'aime ; oui , je n'aimerai jamais que lui... S'il meurt , je ne lui survivrai pas, je le suis rai... Sa mère du moins .sera \ engée , et comme elle vous n'aurez plus d'enfant.

FAI.KIN^MI i h.

Christine

(On entend du bruit en dilmrv ;

CHRISTINE, avec force.

Mais écoutez,... écoutez-moi bien : si ce peuple qui s'indigne et murmura se soulevait encore pour le délivrer ; si le ciel , le sort,... que sais-je? le hasard peut-être, moins cruel que vous, venait à le soustraire à vos coups, je vous déclare ici qu'aucun pouvoir au monde, pas même le vôtre, ne n'empêchera d'être à lui ; j'en fais le serment.

/ On eutend un roulement de tambour plus fort et des clameurs dans la rue. Christine pousse un cri, et tombe sur un fauteuil la tète cachée dans ses mains. Dans ce moment ou frappe à la porte du fond. Falkcnskield va ouvrir. )

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