‹ Œuvres choisies de E. Scribe (volume 2)Chapitre 212 sur 639 · r.i, souriait · texte numérisé non relu

r.i, souriait

You> parlez là, mon cher docteur, comme un publicisle fort original, que je lirais ce matin, et qui, sous le voile de l'anonyme, fait grand bruit en ce moment, l'auteur des Lettres irlandaises, qui depuis DO an a reparu dans la carrière politique.

MAIH.l MUTE.

Vraiment ?

nr mu.

L'ouvrage le plus remarquable que louait publié depuis longtemps, et dans lequel, sous l'air simple et bonhomme d'un fermier irlandais, l'auteur te moque for! spirituellement de toutes les opinions : mai» lui n'en a aucune ; il ge tient comme VOUS a distance , il se fait gloire de n'être rien; et si tout le monde parlait ainsi, mon cher docteur, que deviendrait le pays?... qui réclamerait ses droits.' qui défendrait sa lil erti

m i BOROt 6.

Craignez-vous que les places ne restent vacantes? et croyez-vous qu'il manquera jamais d'ambitieux? Demandez à votre oncle,. ..demandez a Walpole !

MARGUERITE, voulant le faire taire.

.Mon père !

HENRI, a\ec fierté.

Walpole! quelles que soient les calomnies auxquelles il est en butte, Walpole a depuis trente ans bien servi l'Angleterre... Je ne défends pas ici un parent que je regarde comme mon second père, je no parle pas de l'homme privé, il me serait trop facile de prouver les vertus qui honorent sa vie intérieure; mais je parle de l'homme d'État, du ministre. Ya-t-il pas sous deux règnes, et d'une main inébranlable, tenu le gouvernail, maintenu les partis, comprimé les factions ? Et si vous ne lui tenez aucun compte de la paix dont nous jouissons depuis vingt ans, de l'industrie qu'il a ranimée, de nos pavillons qui flottent sur toutes les mers, de la dette nationale qu'il a éteinte,... vous conviendrez du moins, vous qui tout à l'heure trembliez à l'idée seule de nos orages parlementaires, qu'il y a Quelque courage à ne reculer devant aucun danger, aucune haine, à braver l'injure et la calomnie, et à se dire en pensant au jour de la justice : j'attendrai !

M DBOROUG.

C'est-à-dire que son impopularité, que la haine qu'on lui porte, que les reproches qu'on lui adresse, tout cela est un mérite de plus à vos yeux, et que, quoi qu'il fasse, vous le défendez d'avance...

m \ri.

Je n'ai pas dit cela ! Hier encore, et ce n'est pas la première fois, j'ai parlé contre lui à la Chambre des lords, j'ai voté contre son bill.

MMK.I I l'.lll .

Vous! parler contre Walpole!

mi.nri.

Contre lui,... contre le monde entier, si ma conscience et mon

"I mion me le conseillent.

M.l r.oiioi '..

Mesuivjedonc trompé? et quel est votre parti;1 ètes-VOUS whig ou ton ,. Ètes-vous pour le peuple ou pour la Cour?

III MU

Je suis pour l'Angleterre; je Buis de ceux qui disent : La patrie

avant toutl Dans un gouvernement tel que le notre, il n'est pas

donné a tout le monde, je le Sais, de briller à la tribune ou de se

distinguer par k - écrits; mais tout le monde peut être bon citoyen et en remplir les devoin 1 ce seul mérite que se borne

Page 1