‹ Œuvres choisies de E. Scribe (volume 2)Chapitre 274 sur 639 · ACTE IV, SCÈNE lit 26«J · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE lit 26«J

MIUiOROl'G.

Toi qui ce matin trouvais ce séjour si agréable...

NàBCI BUTE.

Ce matin, quelle différence !... je ne savais pas... C'est-à-dire que je croyais... Et vous-même qui parlez, vous trouviez la cour si insupportable...

M.IBOROU..

Au premier coup d'œil,... c'est mi;... mais après ou s'y fait !... ■ABGui aire.

Je ne m'y ferai jamais... Allons-nous-en, mon père , je gouffre.

RBOBOROOGj loi prenant la main.

Est-il'possible!... Eh bien, nous partirons... Mais encore un instant :... j'attends mon ami Walpole, quia sur moi des projets;... il m'a dit de ne pas m'éloigner ,... car il prétend qu'il y a des chances...

MARGUERITE

Pour quoi ?

Pour ctremiuistre..

Vous, mon Dieu !

M IBOROUG.

Pourquoi pas?... comme tout h; monde!... Et puis, ce n'est pas moi,... c'est lui qui le veut,... qui l'exige! Comment désobliger un ami qui y met un pareil zèle?... J'en conviens franchement, j'ét lia \cnu ici avec des préventions;... et peu à peu... que veux-tu ! l'œil se fait à cet éclat, à ce luxe qui vous environne,... l'oreille B h .-ibilue à ces titres de votre Grâce , votre Seigneurie , votre Excellence;... et puis encore d'autres idées... En voyant ces belles dames >i bien parées, si brillantes, si enviées, je pense à toi, et je me dis : Ma lille serait comme elles ! Je te vois dans ma voilure, dans mon >alon, dont tu fais les honneurs ; je te \ ois dans ma loge de l'Opéra... Je les entends qui disent : C'est elle, c'est la lille du ministre... Quand je pense a tout cela , vois-tu bien , cela me trouble , ça m'éblouit , ça m'étourdit , et je ne sais plus si c'est de l'ambition ou de l'amour paternel !

M\u<a il. m .

Eh bien ! s'il est vrai,... si vous m'aimez, mon père,... ne me laissez pas ici;... car j'y mourrais !...

NEUBOROUG.

MARGUERITE

NEUB0R0UG.

Qu'est-ce que tu me dis là?... toi mourir)!... Viens-t'en, ma fille, partons;... je t'emmène à l'instant;... je donne ma démission... Qu'est-ce que je ferais ici , dans mon ministère , sans mon enfant, sans mon bonheur?... (Lui prenant les mains.) Mais réponds moi : raconte tout à ton père. D'où vient l'état où je te vois ?... d'où viennent tes souffrances ?... est-ce que j'en serais cause , par hasard ? J'en serais bien capable !

MARGUERITE

Non , mon bon père ; non , jamais !... Mais hier, quand vous me parliez d'aimer quelqu'un,... je vous ai promis de vous dire... si ça venait... Eh bien , mon père,... c'c.-,t venu.

Ml boroog.

Vraiment !

MARGUERITE

Ou plutôt c'est parti;... car je ne veux plus y songer, je veux l'oublier... C'est quelqu'un que je ne peux jamais épouser,... un lord,... un grand seigneur!...

NEUBOROUG, vivement.

Je le connais,. ..car j'y ai toujours pensé;... c'est toujours lui que j'ai rêvé pour gendre,... lord Henri...

MARGUERITE, lui mettant la main sur la bouche.

Silence, au nom du ciel !

M i BOROUG.

liaison de plus pour (pie je sois ministre !... c'est le seul mo\ en de rapprocher les distances.

'•! \l i.i ËR1TE.

Impossible!...

M.utoKon;.

Pourquoi ne pi- i iy«r? Si qous échouons, je partirai, et, tout consolé, car je partirai ave;- toi... Mais s'il y avait des chan- 01 I,... m Walpole l'emportait dans ce qu'il \eut faire pour moi , \oin dune combien il serait terrible de renoncer à un ministère.

i i i ; 1 II.

\ MM \ |h MU ' en

m i gOROI G.

Y.\\ bien, oui' c'est plus forl que moi !... Il \ a <lan> l'air qu'on

respire ici quelque chose qui monte à la tête... Je me lâte le pouls, et il me semble que me voilà comme Robert était œ matin ;... les mêmes sj mptômi

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